Après l'acte VIII des gilets jaunes et les heurts qui se sont déroulés à Paris ou dans certaines grandes villes de France, le gouvernement maintient une ligne de fermeté à l’égard des casseurs.

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron © AFP / Ludovic Marin

Le gouvernement semble décider à rester très ferme face aux heurts qui se sont déroulées, et semble conforté dans l'idée d'avoir à faire à une "foule haineuse" et des "agitateurs", pour reprendre les mots du porte-parole du gouvernement. 

"Ce qui vient de se passer valide entièrement notre fermeté" estime un proche d' Emmanuel Macron. 

Policiers tabassés, édifices dégradés,  et fait inédit, un ministère a été pris pour cible. "Voilà pourquoi on en voulait pas laisser Drouet entrer à l’Elysée" ironise un ministre. "Ce n'est plus une question sociale mais une question de sécurité" martèle Matignon. 

Le gouvernement estime que le mouvement régresse et se radicalise encore plus. "On parle de 20 000 zadistes"  résume un ministre et  "rien ne les fera rentrer chez eux". Face au risque de voir la tension se renouveler chaque week-end, Matignon répond "Nous les arrêterons et nous les condamnerons".

"Justice sera faite", a twitté le président de la République. A l’Elysée on veut croire à un sursaut des Français  et de la classe politique, mais dans la réalité, on en est loin. 

Jean-Luc Mélenchon s’est félicité de voir repartir l’insurrection citoyenne. Commentaire d’un ministre : "Cest la première fois que le pacte républicain de non violence est rompu". 

Pour Yves Lefebvre du syndicat Unité SGP police FO certains politiques partagent la responsabilité de ces nouveaux accès de violence.

"Il est en temps que que ça cesse, que ça cesse surtout au niveau des politiques, je parle de ceux qui démagogiquement soufflent sur les braises.  Je retiens les images de mon collègue gendarme passé à tabac, c'est d'une violence inouïe. Les politiques doivent arrêter de parler de police fasciste, nous ne sommes ni des flics fascistes ni des flics politisés, nous sommes là pour faire respecter les règles de la république, tout simplement."  

Le débat national résoudra-t-il la question de la violence ?

Le gouvernement mise aussi beaucoup sur le grand débat national. Mais on en parle depuis le 10 décembre, et il n' a toujours pas commencé, et plus les jours passent, plus il y a du doute. La lettre aux Français n'est toujours pas rédigée, il faudra attendre la semaine du 15 janvier. Certains ministres et responsables s'interrogent sur l'efficacité politique de ce débat, car ils ne sont pas franchement à l'aise avec la démocratie participative. D'ailleurs les organisateurs de l'Acte VIII ont déjà dit qu'ils le boycotteraient.

Et puis il y a une contradiction à gérer : Emmanuel Macron veut réformer plus vite, ne plus courber l'échine, 

mais si son cap est aussi clair, à qui servira le débat ? Faudra-t-il le clore par un référendum, mais sur quelles questions ? 

Enfin, il faudrait aussi que l'opposition joue le jeu ! Emmanuel Macron espère un sursaut, un ressaisissement républicain.

Pour l'heure, il voit surtout Mélenchon et Dupont-Aignan souffler sur les braises, comme si Macron devait récolter ce qu'il a semé.... 2019 commence mal pour La République. 

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