Le départ de Jean-Christophe Cambadélis est définitivement acté ce samedi, avec l'instauration d'une direction collégiale provisoire pour remplacer le premier secrétaire du PS.

Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire démissionnaire du Parti socialiste
Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire démissionnaire du Parti socialiste © AFP / ALAIN JOCARD

Le Parti socialiste fonde ce samedi les bases de sa renaissance, après avoir été laissé à terre au printemps 2017. Cinq mois avant son congrès, le PS se réunit ce samedi en Conseil national à l'Assemblée pour entériner la solution décidée vendredi soir en bureau national de remplacer le premier secrétaire démissionnaire, Jean-Christophe Cambadélis, par le maintien de la direction collégiale provisoire mise en place en juillet et l'extension de son périmètre d'action.

En trois ans et demi à la tête du PS, Jean-Christophe Cambadélis a vu son parti perdre le Sénat, des villes, départements et régions, l'Élysée et l'Assemblée... Avec son départ, le premier secrétaire en devient le dernier d'un cycle débuté il y a 46 ans à Epinay par François Mitterrand. Le dernier, parce que même les deux finalistes de la primaire à gauche, Benoît Hamon et Manuel Valls, ont tous deux quitté un parti où la cohabitation entre sociaux-démocrates et les lignes plus à gauche n'est plus possible.

Autre signe de la fin de l'époque, la vente du siège du PS, rue Solférino, où la scène vendredi soir était irréaliste : d'un côté la réunion du bureau national, de l'autre, l'équipe de tournage de Baron Noir, cette série politique française qui raconte les coulisses, les bassesses et le machiavélisme des hommes et des femmes d'un parti ancré à gauche sur l'échiquier politique pour arriver ou conserver le pouvoir.

Premier parti d'opposition à gauche

Jean-Christophe Cambadélis n'est pas le seul fautif. François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Manuel Valls et les frondeurs ont aussi leur part de responsabilité mais la situation est inédite car le conseil national du Parti va installer une direction collégiale, ce qui n'était jamais arrivé auparavant, afin, et les socialistes ne s'en cachent pas, de s'assurer que le leader démissionnaire ne continue pas à exercer son influence dans l'ombre, par l'intermédiaire de son bras droit, le numéro 2 du parti devenu temporairement responsable légal du PS, le sénateur Rachid Temal.

Cette direction collégiale, constituée en quatre pôles (coordination et organisation, expression, administration et finances, relations extérieures), fixera l'ordre du jour hebdomadaire du parti, accompagnera le lancement des "forums de la refondation", d'octobre à décembre prochain et préparera le congrès de février/mars prochain avec une commission de travail sur les statuts du PS. Les noms des animateurs et membres des différents pôles n'ont pas été communiqués. Ils pourraient l'être samedi ou la semaine prochaine.

L'objectif de cette refondation, c'est de tourner le PS vers l'extérieur, de s'adresser "aux Français" et plus seulement aux quelque 42 000 adhérents encore à jour de leur cotisation, et d'occuper un terrain laissé vacant depuis le désastre électoral de 2017 et sur lequel empiète largement La France Insoumise.

Redevenir le premier parti d'opposition à gauche passera par de solides critiques de la majorité, critiques qui devraient débuter juste après l'introduction de Jean-Christophe Cambadélis ce samedi. On devrait notamment entendre la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann sur les questions de logement, la députée Valérie Rabault sur le projet de loi de finances, la présidente de la région Occitanie Carole Delga sur les finances des régions ou encore Luc Carvounas, le premier vice-président de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains (FNESR), sur les territoires.

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