Pouria Amirshahi, lors de l'Université d'été du Parti Socialiste à La Rochelle en 2014
Pouria Amirshahi, lors de l'Université d'été du Parti Socialiste à La Rochelle en 2014 © MaxPPP

Le député frondeur annonce, dans une interview accordée au journal Le Monde, qu’il quitte le Parti Socialiste, et veut aussi renoncer à toute logique de parti.

Pouria Amirshahi, député des français de l’étranger, passé dans le clan des frondeurs depuis 2012, a décidé de claquer la porte d’un parti qu’il estime " sans ressort " et " sans idées malgré de nombreuses bonnes volontés ". Interrogé dans les colonnes du journal Le Monde, il s’en prend plus généralement au système des partis français dans leur ensemble, arrivés selon lui " à bout de souffle ", et qui ne sont plus que des " machines électorales sans grande conviction ".

Ils sont au mieux incapables, au pire dangereux comme par exemple le Front national (Pouria Amirshahi, dans le journal Le Monde)

Pouria Amirshahi au micro d'Estelle Schmidt : "les partis sont fatigués et fatiguants"

Pouria Amirshahi, fils d'immigré iranien arrivé en France à l'âge de trois ans, fustige également une politique de castes dominée par les technocrates et les plus riches :

Il y a chez nous comme ailleurs une caste de technocrates et de possédants de plus en plus puissants et c'est contre cela que la gauche et les authentiques républicains doivent lutter (Pouria Amirshahi)

Trop de renoncements

Comme pour la tribune incendiaire récemment signée par Martine Aubry et d’autres personnalités de gauche, dans les colonnes du même journal, ce sont les récents débats soulevés par la politique du gouvernement qui ont incité le socialiste à jeter l’éponge : déchéance de nationalité, projet de réforme de la procédure pénale ou pacte de responsabilités sont décrits comme des " renoncements " par Pouria Amirshahi, qui s'exprimait déjà, le 3 janvier dernier sur l'antenne de France Inter : "La gauche n'a pas su honorer ses promesses ".

Quitter la discipline de parti

L’élu de Montreuil explique aussi qu’il abandonnera son poste de député, à la fin de son mandat en 2017 , pour se consacrer au Mouvement commun, lobby citoyen créé le 8 novembre dernier : un "lieu de discussions libre de toute discipline de partis " et qui, à la différence d’eux, ne se présente pas aux élections.

Il ne faut pas compter que sur les politiques pour faire de la politique (…) Je ne crois pas qu’une élection seule suffise à transformer les rapports d’inégalités parce que les démocraties se sont trop affaiblies ( Pouria Amirshahi )

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