La privatisation de la Française des Jeux démarre aujourd’hui. Les Français peuvent désormais, et jusqu’au 20 novembre, acheter une action, une part de l’entreprise, avant son entrée en bourse. Le gouvernement aurait espéré la même réaction pour les Aéroports de Paris. Il n'en est rien. Pour quelles raisons ?

Mais pourquoi les Français son-ilst opposés à la privatisations d'ADP mais ne disent rien de celle de la FDJ
Mais pourquoi les Français son-ilst opposés à la privatisations d'ADP mais ne disent rien de celle de la FDJ © AFP / Joel SAGET

L'hiver dernier, à l'heure où le projet de loi Pacte était en discussion à l'Assemblée nationale, plusieurs députés de gauche avaient tenté d'associer la Française des Jeux aux Aéroports de Paris, batailler contre les deux privatisations. "Mais, on pouvait pas avoir le nombre de signataires pour la FDJ nécessaire pour déclencher une loi référendaire, se souvient l'élu insoumis Eric Coquerel. Il fallait que l'opposition se rassemble, trouver 185 parlementaires, et on n'a pu le faire que sur la question d'ADP"

"Jouer, ça relève de la sphère privée, de l'intime, ce n'est pas un service public" reconnaît Gilles Carrez, député LR, à l'origine de la bataille sur ADP. Difficile, en effet, de faire la différence entre les jeux du Casino et les tirages du Loto. Les premiers sont privés. Les second, publics, pour le moment, et cela passe inaperçu au quotidien. "Alors que l'aéroport de Roissy, c'est la principale frontière de la France" ajoute Gilles Carrez. "C'est un enjeu stratégique majeur que tous les Français saisissent".

Pour l'instant, 924 000 personnes ont déjà signé la pétition contre la privatisation d'ADP, selon les derniers relevés du Conseil constitutionnel ; il en faudrait 4 millions et demi d’ici la mi-mars pour que la procédure soit validée. Mais les partisans du projet se fixent l'objectif du million de signatures, fixé par Emmanuel Macron, lui-même à l'heure du "grand débat". 

"Débauche de communication gouvernementale"

Ce qui scandalise Gilles Carrez en ce moment, c'est le grand écart de communication entre les deux affaires. "Le président a répété qu'il fallait davantage consulter les Français. Là on le fait pour la première fois et pas un mot d'information sur la pétition ADP. En revanche, pour la Française des jeux, c'est une débauche de communication gouvernementale, avec des millions d'euros dépensés", assure le député du Val-de-Marne.

Les opposants à la privatisation de la FDJ rappellent que cela reste l'une des rares entreprises publiques qui rapporte encore beaucoup d'argent à l'État. "Et puis, plus le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, raconte que les Français qui vont acheter des actions vont faire une très bonne affaire, plus ça veut dire que l'État qui vend, c'est à dire nous tous, lui fait une mauvaise affaire" ajoute Gilles Carrez, convaincu que cette privatisation aboutira à une augmentation d'impôts ou de taxes.

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