Le nom du député-maire LR du Havre circulait depuis plusieurs jours. Edouard Philippe a été nommé chef du premier gouvernement de l'ère Macron. Et, déjà, des dents grincent.

Edouard Philippe, ancien socialiste, rocardien, aujourd'hui très proche d'Alain Juppé, ne croit pas au clivage gauche/droite, à l'instar d'Emmanuel Macron.
Edouard Philippe, ancien socialiste, rocardien, aujourd'hui très proche d'Alain Juppé, ne croit pas au clivage gauche/droite, à l'instar d'Emmanuel Macron. © AFP / CHARLY TRIBALLEAU

Ça n’est pas une surprise, tant son nom apparaissait souvent parmi les favoris, Edouard Philippe vient donc d'être nommé Premier ministre d’Emmanuel Macron. Le nouveau Président avait songé, au départ, à nommer une femme -la pro-européenne Sylvie Goulard était pressentie- mais, finalement, Edouard Philippe est à ses yeux un meilleur point d'équilibre pour mener son projet à la tête du gouvernement.

Le maire du Havre a d'abord milité au Parti socialiste, lorsqu'il était étudiant à Sciences Po, se sentant proche de Michel Rocard, avant de devenir un fidèle parmi les fidèles d'Alain Juppé. D'abord de gauche et ensuite de droite, ce qui n'est pas pour déplaire à Emmanuel Macron.

Bosseur discret

Ceux qui le connaissent le décrivent comme bosseur, mais Édouard Philippe, 46 ans seulement, ne peut pas être qualifié de ténor : il n'a jamais été ministre, mais lui qui aime pratiquer la boxe, va devoir mener un rude combat pour obtenir une majorité à l'Assemblée. Les électeurs Les Républicains vont-ils suivre aux législatives ? Les socialistes vont-ils donner leurs voix à quelqu'un qui n'est clairement pas de leur bord politique ?

Même au sein d'En marche ! cette possible nomination fait grincer des dents. En marge des cérémonies, certains cadres, ironisant, s'étonnaient de ce choix :

Si on avait voulu un gouvernement de juppéistes, on aurait élu Juppé.

Choix stratégique : après avoir investi ses candidats aux législatives avec une forte consonance socialiste, cette fois, le chef de l'Etat se tournerait sur sa droite.

La nomination d'un Premier ministre venu des rangs des Républicains pourrait ainsi inciter certains, au sein de la formation de droite, à franchir le pas pour être candidats dans la majorité présidentielle. Ils ont jusqu'à mercredi pour se décider.

► REVOIR | Édouard Philippe dans le 7h43 de Patrick Cohen

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