C'est un rendez-vous incontournable. Manuel Valls va enfiler à 15h son nouveau costume de Premier ministre, en présentant son discours de politique générale. Il engagera ensuite la responsabilité de son gouvernement devant l'Assemblée nationale.

Donner un nouveau souffle au quinquennat de François Hollande. Voilà la mission que va tenter d'accomplir Manuel Valls cet après-midi en dévoilant son discours de politique générale. Il a hérité d'une feuille de route déjà largement tracée sous son prédécesseur, Jean-Marc Ayrault. François Hollande en a rappelé les termes lors de sa nomination :

  • lancement du pacte de responsabilité pour les entreprises
  • lancement du pacte de solidarité pour les ménages modestes
  • transition énergétique
  • réduction des dépenses publiques de 50 milliards d'euros d'ici 2017 (budgets de l'État, Sécurité sociale et collectivités)

Cet ordre de mission ne laisse guère d'initiative au nouveau Premier ministre, dont le chef de l'Etat attend surtout fermeté et efficacité dans l'exécution. "Je suis là pour mettre en oeuvre son projet", a reconnu Manuel Valls le 2 avril sur TF1. Ce ne sera pas un "discours-programme" mais "un discours qui doit (...) créer les conditions de la confiance", a-t-il précisé au Journal du Dimanche. le Premier ministre. En tout cas, il promet du "concret" aux parlementaires.

Du concret, il en faudra aussi pour convaincre les Français les plus touchés par la crise... Notamment les salariés de Mory Ducros, "le" grand plan social du gouvernement Ayrault. Ils n'ont pas vraiment confiance en Manuel Valls.

Reportage de Sandrine Morin

A gauche de la gauche, on attend de voir

Manuel Valls aura une autre mission, celle de rassurer, rassembler une majorité qui reste perplexe depuis sa nomination il y a une semaine. Il y a d'abord eu le refus des écologistes de participer au gouvernement, puis la pression exercée par une centaine de députés socialistes qui demandent de nouvelles orientations économiques. Une délégation a été reçue par le nouveau chef du gouvernement qui a tenté de calmer le jeu. Il a également reçu hier après-midi les écologistes, les communistes et les radicaux de gauche... Les députés écologistes devraient voter la confiance à une large majorité.

Pour le PS, ce discours est une étape importante. Thierry Mandon, député et porte-parole du groupe socialiste

À l'UMP, on n'attend rien de particulier de ce discours... Thierry Mariani, député UMP

Le discours doit durer une heure environ. Il sera lu simultanément au Sénat par le numéro 2 du gouvernement (Laurent Fabius, cette année). Manuel Valls engagera ensuite la responsabilité de son gouvernement devant les députés en faisant voter "la question de confiance". Sans grand suspense évidemment, le PS disposant de la majorité absolue. Pour autant, certains députés voteront à reculons, voire s'abstiendront... Le Front de gauche a d'ores et déjà fait savoir qu'il ne voterait pas la confiance.

Pour le budget, il y aura deux temps...

Manuel Valls a préféré repousser ce point de conflit, en annonçant aux députés socialistes que de nouvelles économies, au-delà des 50 milliards d'euros déjà prévus, feraient l'objet d'un collectif budgétaire fin juin.

Le Premier ministre "a annoncé un collectif budgétaire à la fin du mois de juin en évoquant de nouvelles économies", a dit à Reuters le député Christian Eckert, rapporteur de la commission des finances de l'Assemblée nationale.

Le chef de l'Etat, François Hollande, s'est déjà engagé à réduire les dépenses publiques de 50 milliards d'euros en trois ans, ce que devrait confirmer Manuel Valls lors de son discours de politique générale à l'Assemblée, mardi après-midi.

Selon Christian Eckert, il a également annoncé au groupe socialiste de l'Assemblée que la présentation de la trajectoire budgétaire triennale, que Paris doit transmettre à la Commission européenne, serait repoussée à fin avril. "Il a dit qu'elle donnerait lieu à vote", a ajouté le député.

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