Les Français ne sont pas beaucoup déplacés pour aller voter et ceux qui ont voté, ont placé très haut les candidats sortants. C'est le premier enseignement des résultats du premier tour des régionales. Le Rassemblement national et La République en marche pâtissent largement de cette prime au sortant.

Le premier tour des élections régionales et départementales avait lieu ce dimanche 20 juin.
Le premier tour des élections régionales et départementales avait lieu ce dimanche 20 juin. © AFP / Hans Lucas

Une énorme prime aux sortants et un Rassemblement national en baisse: c'est le scénario qui se dessine pour le premier tour des élections régionales, selon les premières estimations de notre partenaire Ispos/Sopra Steria. Au niveau national, le parti Les Républicains et ses alliés remporteraient 27% des suffrages. Loin derrière, le Rassemblement national obtiendrait 19 % des voix, soit plus de dix points de moins qu'au premier tour des précédentes régionales. 

La gauche arrive derrière avec 17% pour le Parti socialiste et ses alliés, 12,5 pour Europe écologie-Les Verts et ses alliés. La République en marche se classe aussi très bas avec à peine 11% pour le parti présidentiel et ses alliés.

Valérie Pécresse et Xavier Bertrand très bien placés

En Ile-de-France, Valérie Pecresse (Libres/LR/UDI) arrive en tête avec 34%, devant le RN Jordan Bardella (14,6%). Julien Bayou (EELV/Gen.s) mène la danse à gauche avec 12,9% des suffrages, devant Clémentine Autain (LFI/PCF) et Audrey Pulvar (10,6%). LaRem obtient 10,8% des sondages.

Dans les Hauts-de-France, la prime au sortant fonctionne à plein : Xavier Bertrand rassemble 43% des suffrages, loin devant le RN Sébastien Chenu (24%) et la liste de gauche unie emmenée par Karima Delli (18%), selon les premières estimations d'Ipsos/Sopra Steria. 

"Il y a cinq ans nous étions arrivés deuxième, 16 points derrière le Front national. Ce soir les femmes et les hommes des Hauts-de-France nous ont placé clairement en tête. Je veux leur dire ma profonde reconnaissance", a déclaré Xavier Bertrand.

En région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Thierry Mariani (RN) arrive avec une légère avance (34,8%) sur Renaud Muselier (33,7% pour le président sortant, LR, allié avec LREM), selon nos premières estimations. La gauche arrive derrière avec 14% pour le candidat EELV-PS-PCF Jean-Laurent Felizia. 

Idem en Auvergne-Rhône-Alpes : Laurent Wauquiez, le LR-UDI sortant, rate de peu l'élection au premier tour avec près de 44% des suffrages devant l'écologiste Fabienne Grebert, le RN Andréa Kotarac et la socialiste Najat Vallaud-Belkacem. 

En Normandie, le candidat sortant LR-UDI-MoDem Hervé Morin aurait près de 15 points d'avance (35%) sur le RN Nicolas Bay (20%). 

Dans le Grand-Est, Jean Rottner arrive en tête avec 31,5% devant le RN Laurent Jacobelli (20,7%). 

Dans les Pays de la Loire, Christelle Morançais, la sortante LR, arrive en tête avec plus de 34% des suffrages devant Mathieu Orphelin (EELV-LFI et alliés) et Guillaume Garot (PS-PCF), tous les deux à 18,4%. Hervé Juvin (RN) est quatrième et François de Rugy (LREM-(MoDem) cinquième. 

Même constat avec les sortants de gauche avec, en Occitanie, la sortante PS-PCF Carole Delga obtiendrait 39,6% des suffrages, selon nos estimations, loin devant le RN Jean-Paul Garraud (22,8%). Le LR Aurélien Pradié obtiendrait un peu plus de 12% des voix. 

En Bretagne, là aussi, le sortant de gauche est en tête, selon nos estimations : Loïg Chesnais-Girard (PS) obtiendrait près de 21% des suffrages, devant le candidat LREM-MoDem-UDI Thierry Burlot (16,2%) et la LR Isabelle Le Callennec (15,2%).  

En Centre-Val de Loire, François Bonneau (PS-PCF) arrive en tête avec 25,6% des voix, devant Aleksandar Nikolic (RN, 21,7%). 

En Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset (PS-PCF) obtient 28,6% des suffrages selon nos estimations, devant la RN Edwige Diaz (17,9%) et la ministre Geneviève Darrieussecq (15,6%). 

Enfin, même la socialiste Marie-Guite Dufay, sortante en Bourgogne-Franche-Comté, arrive en tête (26,2%) devant le RN Julien Odoul avec 23,8%) et Gilles Platret (LR-UDI-DLF, 20,9%).

Prime aux sortants, très faible participation

Dans de nombreuses autres régions, les premiers estimations montrent que les présidentes et présidents sortant sont les grand bénéficiaires de ce scrutin. Dans les Pays de la Loire, la sortante Christelle Morançais (LR/UDI) est en tête des suffrages acvec 34% des votes. Dans le Grand-Est, c'est le sortant LR/UDI Jean Rottner qui passe en tête avec 31% loin devant le RN (20%). En occitanie, c'est Carole Delga (PS/PCF) qui est en tête avec 40% des votes, loin devant le RN Jean-Paul Garraud (22%). Les chiffres de l'Ile-de-France doivent arriver plus tard.

Ce premier tour des élections régionales est aussi marqué par une très faible participation, la plus faible jamais atteinte dans un scrutin (hors référendum) en France. Selon Ispos-SopraSteria, moins de 34% des Français se sont déplacés ce dimanche pour aller aux urnes. C'est en Pays de la Loire que cette abstention est la plus forte (à peine 30% des électeurs se sont déplacés). 

Marine Le Pen appelle ses électeurs au sursaut

La présidente du RN Marine Le Pen a appelé dimanche ses électeurs au sursaut après ce premier tour des élections régionales et départementales marqué par une abstention record et un net recul du Rassemblement national.  "L'abstention donne une vision trompeuse des forces politiques en présence", a affirmé la présidente du RN lors d'une allocution retransmise à la télévision, alors que son parti est en net recul au niveau national par rapport aux régionales de 2015.  "Si vous voulez que les choses changent, vous devez voter (...). Tout est possible, pour peu que vous le décidiez", a lancé la candidate à l'élection présidentielle de 2022, appelant ses électeurs à "redresser le résultat de ce premier tour". 

Invitée sur France 2, la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa a estimé que l'abstention invitait "toutes et tous à une forme d'humilité". Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a de son côté évoqué une abstention "abyssale".