500 signatures d'élus : c'est la condition pour être candidat à la présidentielle. Comment font ceux qui ne sont pas rattachés à un grand parti ?

C'est le Conseil constitutionnel qui rassemble les parrainages d'élus pour la présidentielle
C'est le Conseil constitutionnel qui rassemble les parrainages d'élus pour la présidentielle © AFP / Martin Bureau

Les candidats déclarés à la présidentielle ont jusqu'à la mi-mars pour trouver le sésame qui leur permettra d'accéder au scrutin : les parrainages. La règle générale impose à chaque candidat de réunir 500 parrainages d'élus locaux répartis dans 30 départements différents. Pour les candidats intronisés par les grands partis, c'est une formalité.

Mais pour les autres, les "petits candidats", c'est souvent un chemin de croix. Et la chasse aux parrainages est d'autant plus difficile cette année que les règles ont changé : désormais, les élus doivent déposer eux-mêmes leur parrainage au Conseil constitutionnel (alors qu'avant c'étaient les équipes de campagne qui s'en chargeaient). Et de surcroît, tous les soutiens seront maintenant rendus publics.

Le porte-à-porte, opération de conviction longue et coûteuse

Du côté de Philippe Poutou, la récolte s'avère réellement difficile. Le candidat du NPA a lancé l'alerte ce lundi : il n'a pour l'heure pu recueillir que quelque 200 parrainages. Il s'estime victime de cette publicité des parrainages. "On rentre dans des rapports de pression, de chantage, dans les chambres départementales ou régionales (...) : des maires ont peur de se mettre en porte-à-faux avec leur conseil municipal, ça complique la vie aux petits partis comme nous", a--t-il déclaré.

ECOUTER : Philippe Poutou au micro de Clara Lecocq-Réale

Celui qui en 2012 avait obtenu 570 parrainages a expliqué au Huffington Post que ses militants "vont par équipes de deux ou trois voir les maires à la débauche, parfois à leur domicile"

"C'est du temps énorme, de l'énergie énorme, de la dépense en essence énorme, donc même d'un point de vue écologiste c'est délirant. On a commencé en juillet, il n'est pas question d'envisager ne pas réussir" (Philippe Poutou)

Le porte-à-porte, c'est aussi l'option choisie par Jean Lassalle, le député des Pyrénées-Atlantiques qui a annoncé en mars dernier sa candidature. Il dénonce la publication des parrainages, qui représente une pression pour les maires, exposés à un "chantage aux subventions".

Même démarche pour Jacques Cheminade, dont l'équipe ratisse le territoire à la rencontre des maires de petites communes. "On leur dit que c'est nécessaire qu'il y ait Cheminade, que s'il n'est pas là, personne ne parlera de comment reprendre la main sur la finance", explique un soutien du candidat dans Les Inrocks.

De la chasse aux "sans-étiquette" au parrainage 2.0

Chacun a sa méthode : l'écologiste Yannick Jadot a nommé une centaine de coordinateurs départementaux qui traquent les parrains potentiels, avec une cible de prédilection : les élus ruraux sans étiquette. L'équipe de campagne de Rama Yade contacte quant à elle tous ceux qui ne donnent jamais leur signature, et qui peuvent peser dans la balance : ils sont 25.000.

Dans l'équipe de Nicolas Dupont-Aignan, quatre personnes se consacrent depuis janvier à plein temps à la recherche des signatures. Emmanuel Macron, de son côté, a choisi de jouer plutôt la carte du numérique : son équipe a lancé un site "Les élus avec Macron", et un portail nommé "Le parrainage en un clic".

Le formulaire de "promesse de parrainage" à Emmanuel Macron
Le formulaire de "promesse de parrainage" à Emmanuel Macron © Capture d'écran
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