À partir de ce lundi, les incontournables clips de campagne arrivent à la télévision et à la radio. Un exercice très encadré qui ne laisse pas vraiment la place à l'originalité.

La campagne officielle commence ce lundi.
La campagne officielle commence ce lundi. © Maxppp / Jean-François FREY

Les panneaux d'affichage fleurissent devant mairies et écoles, les professions de foi sont prêtes à atterrir dans les boîtes aux lettres, l'audiovisuel public doit désormais respecter la stricte égalité des temps de parole, et diffuser les clips de campagne des onze candidats. La campagne officielle commence à partir de ce lundi.

Les affiches de la campagne

Pas de drapeaux ni d'hymne

Les spots, que vous pourrez voir, entre autres, sur France 2 après le journal de 20 heures, ne doivent pas excèder 1 minute 30. Les formats longs durent 3 minutes 30.

En 2012, Nicolas Sarkozy avait lui choisi d'utiliser des images de meting. On y voyait alors les fameux drapeaux tricolores. Cette année, c'est fini, assure le CSA qui a donné un cahier des charges de 11 pages aux équipes de campagne. Des consignes strictes qui existent depuis 1988, mais cette année vous ne verrez pas de drapeaux tricolores et vous n'entendrez pas la Marseillaise. Le CSA l'interdit pour éviter que ces symboles ne soient instrumentalisés et y veillera. Une règle qui existe depuis 1988 mais qui ne manque pas de faire réagir certains soutiens de candidats.

La quête de l'originalité

Le rituel est bien rôdé et à l'heure des réseaux sociaux, il semble un peu daté. Mais c'est un passage obligé de la campagne. Laurent Jacobelli, directeur de campagne de Nicolas Dupont-Aignan, a supervisé le montage du clip jusqu'au dernier moment. Un passage obligé certes, mais finalement très utile : "C'est vrai que la campagne officielle a quelques chose de désuet, de très '80'. Mais il faut souligner que c’est un des rares espace de démocratie totale : même temps d'antenne, même type de diffusion, même moyens techniques. C’est tellement rare qu'il faut absolument le préserver".

Un exercice pour lequel certains tentent d'innover. Benoît Hamon a choisi la forme d'une sorte de "lettre à France" réalisée par Valérie Donzelli

Marine Le Pen a choisi la métaphore maritime et se dépeint à la barre du "bateau France".

Plus original le clip de Philippe Poutou, une parodie de l'émission "On n'est pas couché" où beaucoup trouvent qu'il avait été "mal traité".

Philippe Poutou avait déjà parodié une émission télévisée lors de la campagne de 2012 : "Question pour une élection".

Trouver l'astuce décalée, tout en respectant les codes, mais être présents, c'est indispensable selon Cathy Billard, du Nouveau Parti Anticapitaliste : lors des dernières élections européennes on s'était présentés sans faire de profession de foi pour faire des économies, et on s'était rendues compte que beaucoup de gens autour de nous n'avaient pas percuté qu'on était présents dans cette campagne. Beaucoup de gens se repèrent encore avec ces 'choses' à l'ancienne, même aujourd'hui".

La campagne officielle du premier tour s'arrêtera le 21 avril à minuit.

Pour les impatients, quelques clips de la campagne de 1988

En 1988, par exemple, Pierre Boussel, candidat du MPPT (Mouvement Pour un Parti des Travailleurs) qui, avouons-le, n'est pas resté dans les mémoires, explique n'avoir pas réussi - avant la campagne officielle, à "avoir accès au médias nationaux".

La même année, Raymond Barre, candidat de l'UDF, a fait appel, pour son clip, à Alain Delon,

Quant à François Mitterrand, il a choisi cette année là un montage ultra-rapide pour faire le portrait de "sa France".

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