L'enquête Ipsos Sopra Steria pour Radio France et France Télévisions place toujours le duo Macron-Le Pen en tête. Mais l'indécision des électeurs est telle que rien n'est joué.

Avec un électorat volatile et une abstention probable qui pourrait devenir historique, rien n'est joué à deux semaines du premier tour
Avec un électorat volatile et une abstention probable qui pourrait devenir historique, rien n'est joué à deux semaines du premier tour © AFP / PHILIPPE HUGUEN

A moins de deux semaines du premier tour, c'est inédit. L'enquête* Ipsos Sopra Steria pour Radio France et France Télévisions publiée mardi soir a montré une certaine stagnation à 24% du duo de tête Macron-Le Pen, un duo talonné par Jean-Luc Mélenchon à 18,5%, le nouveau troisième homme de la campagne, et François Fillon à 18%.

A ces scores resserrés s'ajoutent plusieurs incertitudes qu'il ne faut pas négliger. D'après le sondage réalisé entre le 7 et le 9 avril dernier, 66% seulement des électeurs ont aujourd'hui l'intention de se déplacer devant les urnes. Un chiffre qui pourrait constituer un record s'il se confirmait, car jamais la participation au premier tour de l'élection présidentielle n'est passée sous la barre des 70%.

40% des électeurs peuvent encore changer d'avis

Et si à l'inverse, on assiste à une mobilisation de dernière minute, elle pourrait tout remettre en jeu, tant l'incertitude des électeurs est grande. A deux semaines du premier tour, les sondés qui sont certains d'aller voter ne sont que 60% à avoir fait un choix définitif. Les intentions de vote pourraient donc être fortement modifiées dans la dernière ligne droite avec un électorat aussi volatile.

57% des électeurs de Benoît Hamon, 45% de ceux d'Emmanuel Macron, 40% de ceux de Jean-Luc Mélenchon et 21% des électeurs de François Fillon et de Marine Le Pen affirment pouvoir encore changer d'avis. Avec un report très fort en faveur des partisans de Benoît Hamon vers Jean-Luc Mélenchon (second choix pour 53% des électeurs potentiels du candidat socialiste, contre 27% pour Emmanuel Macron), mais aussi, et c'est une marque d'un certain vote contestataire, 29% de l'électorat de Marine Le Pen voterait Jean-Luc Mélenchon en second choix.

Déception, dégoût...

Un autre paramètre est à prendre en compte pour comprendre la moindre mobilisation prévue pour le premier tour de l'élection présidentielle : le sentiment des Français pour cette campagne électorale. S'ils sont 66% à se dire assez ou beaucoup intéressés par la campagne, les sondés expriment aussi des sentiments très négatifs. En tête, la déception et le dégoût.

*Enquête Ipsos Sopra Steria pour France Télévisions et Radio France, réalisée par Internet selon la méthode des quotas auprès de 1 604 personnes inscrites sur les listes électorales, entre le 7 et le 9 avril 2017.

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