À bientôt six mois de la présidentielle, la droite n'a toujours pas choisi son candidat. Parti de son côté en mars 2021, Xavier Bertrand se rapproche des LR depuis quelques jours. Le président des Hauts-de-France aurait-il besoin du financement du parti ? Son camp réfute.

Xavier Bertrand, ce 10 septembre lors des journées parlementaires des Républicains
Xavier Bertrand, ce 10 septembre lors des journées parlementaires des Républicains © AFP / Pascal GUYOT

"22 millions d’euros ça ne se trouve pas comme ca !" Pas dupes, les députés LR après le petit jeu de claquettes de Xavier Bertrand vendredi dernier à Nîmes. En participant aux journées parlementaires LR, en acceptant une session de questions-réponses avec une quarantaine de députés, le candidat soliste a renoué avec son parti, mais aussi avec ses fonds. 

En ligne de mire, selon ses détracteurs, 8 millions d'euros provisionnés pour le candidat LR par le trésorier du parti. "On y travaille depuis six ans", explique Daniel Fasquelle. "Un trésor de guerre", salive un parlementaire pro-Bertrand. Le plafond des frais de campagne est fixé à un peu plus de 16 millions d'euros au premier tour, 22 millions au second tour. 

Peut-il faire campagne sans ?

"Aucun candidat ne peut faire l'impasse sur le parti", croit savoir un cadre qui rappelle que pour faire campagne sans le soutien du PS, Emmanuel Macron faisait deux levées de fonds par semaine. "L’argent n’est pas un problème", répond un proche de Xavier Bertrand. "Fini les gros meetings, les trains réservés aux militants : le Covid et les réseaux sociaux ont tout changé. (..) Et de toute façon c'est prématuré d'y réfléchir", renchérit un conseiller, légèrement agacé par la question. 

À en croire la galaxie Bertrand tout roule : dons (dans la limite des 7.500 euros), adhésions à la Manufacture, structure lancée par Xavier Bertrand en 2012. 

"Nous n'aurons aucune difficulté à obtenir des prêts", assure un membre du cercle rapproché. 

À la manœuvre pour gérer les rentrées d'argent, un très proche du candidat, le banquier d’affaires Philippe Villin. Sans jamais donner le moindre chiffre, le camp Bertrand réfute donc tout problème financier. Au contraire. Mais assume un objectif : obtenir - au final - le soutien du parti. "Car si les 8 millions d’euros vont à un autre candidat de droite", concède un soutien, "alors là ce serait une autre histoire".