Les sept candidats à la primaire de la droite et du centre ont débattu une dernière fois jeudi soir. Un débat terne, décevant sur le fond et souvent confus.

Le troisième et dernier débat télévisé avant le premier tour de la primaire à droite, le 17 novembre 2016 sur France 2
Le troisième et dernier débat télévisé avant le premier tour de la primaire à droite, le 17 novembre 2016 sur France 2 © AFP / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT

Les sept candidats à la primaire de la droite et du centre se sont affrontés lors d'un ultime débat jeudi soir. Cette troisième confrontation, la dernière pour convaincre les adhérents et sympathisants de droite de voter avant le premier tour de la primaire dimanche, a été moins intense, moins riche, et moins claire que les deux précédentes.

Spécificité de ce rendez-vous, une partie des thématiques abordées avaient été sélectionnées par les Français via un sondage Harris-Interactive. Il a notamment été question de Donald Trump, de la situation en Syrie, de l’Europe, de l’éducation, de la jeunesse ou encore de la réforme des régions.

La réponse "indignée" de Nicolas Sarkozy sur les affaires

La première partie du débat a été l'occasion d'échanges musclés entre candidats et journalistes. Interrogé sur les accusations de l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine sur un possible financement libyen de la campagne présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy a vivement réagi. "Quelle indignité! (...) Vous n'avez pas honte de donner écho à un homme qui a fait de la prison, qui a été condamné à d'innombrables reprises pour diffamation et qui est un menteur ? Ce n'est pas l'idée que je me faisais du service public. C'est une honte", a répliqué l'ancien président.

Questionné sur sa campagne en perte de vitesse, Bruno Le Maire, crédité de 7 % des intentions de vote, s'est énervé contre Jean-Pierre Elkabbach : "Je suis candidat à la primaire, ça mérite tout simplement le respect de votre part".

François Fillon aussi a pris à partie les journalistes. Tentant une nouvelle fois de se positionner comme le candidat le plus sérieux, il a réclamé davantage de temps de parole pour les propositions, moins pour les interpellations entre candidats. "Vous concevez ce débat en termes de spectacle" a dénoncé l'ancien Premier ministre.

Duel à trois

Premier thème abordé, les questions internationales ont créé une fracture entre l'ancien chef de l’État, les ex-Premiers ministres et les quatre autres candidats. "J'ai eu l'honneur de présider l'Union Européenne" a rappelé Nicolas Sarkozy, vantant son expérience. Interrogé sur l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche, le candidat a encore fait valoir son passé présidentiel. "Celava avoir deux conséquences géostratégiques majeures", avec une Amérique qui va "défendre (ses) intérêts avec plus d’agressivité" a-t-il prévenu.

François Fillon, lui, a jugé "ridicule" d'en tirer des "conséquences" pour la France. Quant à Alain Juppé, il a saisi l'occasion de viser, sans les nommer, ses deux principaux rivaux. "Fera-t-il après l'élection ce qu'il avait annoncé ? C'est une question que nous devrions nous poser en France aussi" a -t-il lancé. Seul candidat à se féliciter de la victoire du candidat républicain, Jean-Frédéric Poisson a estimé qu'elle signifiait "la fin du politiquement correct".

Passe d'armes sur sur le collège unique

Autre chapitre important de la soirée : l'école et notamment la suppression du collège unique. L'occasion d'une passe d'armes entre Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire, divisés sur la question.

Ce sont "les mêmes qui viennent des plus grandes écoles qui poussent leurs enfants dans les filières les plus élitistes, et qui expliquent aujourd'hui qu'il faudrait supprimer le collège unique, c'est-à-dire en fait trier les enfants à l'âge de 11 ans" s'est insurgée la candidate. Bruno Le Maire propose deux heures hebdomadaires dès la sixième pour "découvrir ce que c'est qu'être mécanicien par exemple" avec pour objectif de "revaloriser la voie professionnelle".

Le baroud d'honneur de Nathalie Kosciusko-Morizet

En conclusion, Nathalie Kosciusko-Morizet s’est démarquée de ses adversaires, en admettant qu’elle ne gagnerait pas la primaire. "Tous mes concurrents ici, proclament, ou ont proclamé à un moment ou à un autre qu’ils allaient gagner la primaire quand bien même ils savaient que c’était faux. Alors, pour ma part, je sais que ce ne sera pas le cas", a-t-elle expliqué.

"Au premier tour, on choisit. Il y a plusieurs projets qui sont proposés : il y a la revanche, la nostalgie, la déprime, un renouveau qui voudrait se limiter à changer les hommes, moi je propose une autre voie" a-t-elle conclut, ironisant sur ses rivaux.

En tête dans les enquêtes d'opinion depuis deux ans, Alain Juppé semble désormais en perte de vitesse et François Fillon en nette progression, selon plusieurs études concordantes. Alors que le premier a incité les électeurs à venir "voter en masse" dimanche, le second les a invité à "contredire les sondages et les médias" accusés d'avoir "déjà tout arrangé" . "Ne faites pas de calculs, ne choisissez pas de voter pour un candidat pour en éliminer un autre. Choisissez de voter pour vos convictions" a martelé François Fillon.

Le premier tour de la primaire a lieu dimanche. Un dernier débat opposera les deux finalistes avant le second tour, le 27 novembre.

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