Les sept candidats de la primaire à gauche ont tenu le premier débat de la campagne, axé sur leur vision économique et sociale, mais aussi la politique sécuritaire.

De gauche à droite, Arnaud Montebourg, Jean-Luc Bennahmias, François de Rugy, Benoît Hamon, Vincent Peillon, Manuel Valls et Sylvia Pinel
De gauche à droite, Arnaud Montebourg, Jean-Luc Bennahmias, François de Rugy, Benoît Hamon, Vincent Peillon, Manuel Valls et Sylvia Pinel © AFP / PHILIPPE WOJAZER

A l'image de la primaire de la droite et du centre, en novembre dernier, les candidats de la primaire élargie du PS se sont affrontés sans véritablement s'attaquer ce jeudi lors de leur premier débat télévisé sur TF1 et RTL.

Bilan jugé contrasté pour le quinquennat de François Hollande

Avant de détailler leur vision économique et sociale, les candidats ont été invités à dresser, en quelques mots, le bilan du quinquennat de François Hollande. L'ancien Premier ministre Manuel Valls s'est montré le plus positif en parlant de sa "fierté d'avoir servi les Français dans une période très difficile". La présidente du Parti radical de gauche, Sylvia Pinel, ex-ministre du Logement, a parlé de "responsabilité" et d'un "bilan qu'il convient de porter".

Plus critique, l'ancien ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a évoqué "un bilan difficile à défendre mais qui contient des avancées", comme la COP21 ou le mariage pour tous, mais "qui a échoué sur le chômage". Un autre ancien ministre, Benoît Hamon, a parlé d'un "sentiment d'inachevé, comme si nous étions restés, sur beaucoup de sujets, au milieu du gué." Vincent Peillon, ancien ministre de l'Education, a décrit une "profonde incompréhension qui s'est établie avec le pays et avec ceux qui nous avaient soutenus"."Peut mieux faire", a dit Jean-Luc Bennahmias, tandis que l'écologiste François de Rugy a évoqué un bilan "en demi-teinte".

Attaques sur le revenu universel

Benoît Hamon et Jean-Luc Bennahmias ont défendu leur vision assez proche d'un revenu universel. Ils se sont heurtés à l'opposition philosophique de Vincent Peillon, d'une part, mais aussi aux questions autour du financement de cette mesure, avec un coût de fonctionnement annuel estimé à 400 milliards d'euros.

Pour Vincent Peillon, "la solidarité, nous l'avons fondée pendant des siècles sur l'idée que ceux qui ont le plus donnent à ceux qui ont le moins. Là on dit à tout le monde on donnera la même chose, ça me semble une rupture importante."

"Je veux une société du travail, parce que le travail c'est la dignité", a renchéri Manuel Valls qui veut quant à lui remplacer la dizaine de minima sociaux existants, dont le RSA, par une allocation unique, ouverte à tous, à partir de 18 ans.

La loi Travail "un vieux débat pour Manuel Valls", une fracture pour les autres

A peine entrée en vigueur, la loi Travail passée en force au gouvernement oppose encore. Trois dans sept candidats promettent son abrogation s'ils remportent l'élection présidentielle.

Aujourd'hui, les deux gauches "irréconciliables", selon le mot de Manuel Valls, en particulier sur la primauté de l'accord d'entreprise sur l'accord de branche, qualifié de "dumping social" des opposants au texte. Tout en reconnaissant "les explications ratées", Manuel Valls s'est dit "convaincu" jeudi soi que la loi est "une avancée". Il a redit sa volonté de défiscaliser à nouveau les heures supplémentaires, mesure phare de Nicolas Sarkozy abrogée en 2012.

Benoît Hamon et Arnaud Montebourg ont maintenu, eux, leur volonté d'abroger une loi "sans légitimité démocratique", qui "facilite les licenciements" et "la baisse de la rémunération des heures supplémentaires".

Sans vouloir l'abrogation, Vincent Peillon veut "revenir" sur plusieurs points. Le député européen, qui assure avoir rejoint la primaire pour défendre le bilan du quinquennat, souhaite notamment "supprimer l'article qui permet à un accord d'entreprise de réduire, par exemple, la majoration des heures supplémentaires".

En revanche ni Jean-Luc Bennhamias, président du Front démocrate, ni Sylvia Pinel, présidente du Parti radical de gauche, ni François de Rugy, président du parti écologiste, n'ont pas parlé de réviser la loi.

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