L'augmentation de la participation - le PS l'estime à 2 millions de votants - n'a pas suffi à permettre à Manuel Valls de combler son retard sur Benoît Hamon.

Benoît Hamon lors de son discours de victoire
Benoît Hamon lors de son discours de victoire © Capure d'écran

Les résultats, sur pratiquement l'ensemble des bureaux, donnent Benoît Hamon grand gagnant de la primaire élargie du PS avec 58,87% des suffrages contre 41,13% pour Manuel Valls qui a reconnu sa défaite peu avant 21H : "Benoît Hamon l'a emporté nettement. Benoît Hamon est désormais le candidat de notre famille politique et je lui souhaite bonne chance", a déclaré Manuel Valls.

Les scores de Benoît Hamon, département par département
Les scores de Benoît Hamon, département par département © Visactu / Visactu

Avant même la fin du discours de Manuel Valls, Benoît Hamon a pris la parole depuis son QG - un bug technique ont dit ensuite ses soutiens. Celui qui est devenu le candidat du PS à la présidentielle a proposé "un chemin aux Français pour l’emprunter" à ses cotés, après avoir affirmé que ses divergences avec Manuel Valls ne sont pas irréconciliables. "Nos différences ne seront pas irréductibles quand il s'agira d'affronter nos vrais adversaires" a-t-il dit.

Une évidence qui ne saute pourtant pas aux yeux, lorsqu'on écoute les déclarations des soutiens des deux camps.

"Cet écart impose le rassemblement", explique Pascal Cherki, député de Paris et porte-parole de Benoit Hamon.

"On choisit la gauche de témoignage ou du rêve par rapport à la gauche du gouvernement", dit Dominique Lefebvre, député PS du Val-d'Oise et soutien de Manuel Valls

Rassembler à gauche, et au PS...

"Demain je vais rassembler tous les socialistes, a annoncé Benoît Hamon. Il faudra également rassembler la gauche et les écologistes. Je proposerai dès lundi à tous les candidats à la primaire, mais également à Yannick Jadot et à Jean-Luc Mélenchon de ne penser qu'à l'intérêt des Français et de construire ensemble une majorité gouvernementale cohérente et durable".

La réponse de Jean-Luc Mélenchon est arrivée très vite par la voix de Leïla Chaibi, sa porte-parole interviewée par BFM. "Déjà, je conseille à Benoît Hamon de rassembler son propre clan", a-t-elle répondu, estimant qu'il "ne s'était rien passé de significatif ce soir pour que l'on change quelque chose" quels que soient les sondages.

C'est ensuite Jean-Luc Mélenchon lui même, qui s'est exprimé via Facebook. Le candidat de la France insoumise, s'est certes félicité de la victoire de Benoît Hamon, mais c'est parce que cela conforte sa vision : "Benoît Hamon a chanté des paroles si proches des nôtres [...] Que pour désigner son candidat le PS ait préféré nos mots à ceux de son propre gouvernement est un fait qui donnera ses fruits le moment venu.C’est à nous qui avons porté ce choix tant d’années d’être à la hauteur pour le rendre victorieux. La campagne des 'insoumis' et ma candidature sont là pour cela".

La tentation Macron

Un rassemblement qui ne sera pas facile à réaliser, ne serait-ce qu'au PS. Interrogé sur France Info, Laurence Rossignol ministre des Familles et soutien de Manuel Valls, a dit attendre "que Benoît Hamon se lance dans le rassemblement." Selon Laurence Rossignol, "avant d'aller discuter avec Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon, peut-être faut-il déjà garder les 800.000 électeurs qui ont voté pour Manuel Valls.".

La question de la fracture du PS, des deux gauches irréconciliables, se pose en effet encore plus fortement avec la victoire de Benoît Hamon. On sait en effet que certains au PS sont tentés d'aller rejoindre Emmanuel Macron.

François Loncle, député et soutien de Manuel Valls, par exemple, a déclaré dès dimanche soir ne pas pouvoir soutenir le programme de Benoît Hamon "je ne vais pas me mettre à soutenir des programmes irréalistes, qui vont plomber l'économie française. Je suis pour la société du travail" affirme-t-il "Macron est une possibilité,mais il faut plutôt le faire collectivement qu'individuellement."

Rassemblement ou éclatement ?

La primaire a échoué à dégager un candidat et à rassembler, explique Isabelle Veyrat-Masson, elle dirige le Laboratoire Communication et Politique (CNRS). Selon la chercheuse, "la tentative de rassemblement débouche sur l'éclatement total et on se demande si on ne va pas recréer un nouveau parti"

Le parcours de Benoît Hamon
Le parcours de Benoît Hamon © Visactu / Visactu
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