Le ton s'est libéré jeudi soir lors du second débat de la primaire, avec des attaques vives de Copé, Le Maire et même NKM contre Sarkozy et deux imperturbables : Fillon et Juppé.

Les sept candidats ont débattu pour la seconde fois avant le premier tour de la primaire de la droite et du centre
Les sept candidats ont débattu pour la seconde fois avant le premier tour de la primaire de la droite et du centre © AFP / Eric FEFERBERG

Le second débat de la primaire de la droite et du centre a permis jeudi soir aux sept candidats d'affirmer leurs personnalités. Si sur le fond, les objectifs sont assez semblables : notamment redresser économiquement et sécuritairement la France, les philosophies restent très différentes.

Diffusé depuis la salle Wagram, à Paris, le ton de ce second débat a été plus agressif que le premier, Nicolas Sarkozy étant principalement visé par ses anciens ministres et partenaires politiques.

Nicolas Sarkozy isolé

Parmi les premiers thèmes abordés, la pratique du pouvoir a délié les langues, en particulier sur le mandat unique. Alain Juppé, sommé de se justifier, a mis en avant un mandat "sans œil fixé sur les sondages", moquant, nombreux, ceux qui piafferaient en 2022 pour lui succéder s'il est élu en mai prochain.

Moins nuancé, Bruno Le Maire a pointé d'emblée la promesse non tenue de "certains", "de ne jamais se représenter s'ils étaient battus". Une attaque à laquelle l'ancien Président Nicolas Sarkozy, qui a lui aussi confirmé son intention de n'accomplir qu'un seul "nouveau" mandat, a rétorqué vivement : "Commence d'abord par essayer d'être élu, tu verras que c'est très difficile".

L'ancien président avait subi une première salve d'entrée sur le thème des migrants, alors qu'une importante évacuation se profile au cœur de Paris. Comme lors du premier débat, c'est Jean-François Copé qui a attaqué pied au plancher, dénonçant, suivi par Bruno Le Maire et Alain Juppé, les accords du Touquet signés avec la Grande-Bretagne en 2003, alors que M. Sarkozy était ministre de l'Intérieur.

L'imperturbable François Fillon en embuscade

François Fillon, dont la récente remontée dans les sondages le place quasiment comme troisième homme de cette primaire, a de nouveau joué la carte du candidat sans failles. Sans trop se préoccuper des attaques des autres concurrents entre eux, il a déroulé ses arguments.

A deux semaines du premier tour, le favori Alain Juppé a logiquement tenté de préserver son avance lors de ce deuxième des quatre débats prévus pour déterminer le candidat de la droite et du centre. Son entourage confirmait récemment que rien ne justifie un changement de stratégie.

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D'autant plus que l'ancien Premier ministre continue de marquer sa hauteur avec le ralliement de la présidente de l'Ile-de-France, Valérie Pécresse, et une visite symbolique mercredi à la dalle d'Argenteuil. Ce lieu même où l'ancien ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy avait fait la promesse en 2005 de débarrasser un habitant des "racailles".

Les attaques au vitriol de Nicolas Sarkozy contre François Bayrou, qui ont pourtant tardé à venir dans le débat, l'ont isolé des autres candidats, avec des reproches, notamment, d'Alain Juppé, qui a bénéficié du soutien de ce dernier mais aussi assuré qu'il respecterait, dans la composition de son gouvernement s'il atteint le pouvoir, l'équilibre des familles politiques : en clair, son Premier ministre sera de la famille Les Républicains. Le maire de Bordeaux a d'ailleurs, de nouveau, rappelé : "Je ne lui ai rien promis, il ne m'a rien demandé."

La position diplomatique de la France remise en question

La lutte contre le groupe État islamique a également été de nouveau abordée jeudi soir, la prise de position la plus forte provenant de l'ancien Premier ministre Alain Juppé, qui a déclaré n'avoir "aucune sympathie" pour les régimes saoudien et iranien.

Le favori des sondages pour la présidentielle 2017 a ainsi renvoyé dos à dos les deux puissances moyen-orientales rivales, rappelant les intérêts "politiques et stratégiques, commerciaux et économiques" qui conduisent la France à ne pas "couper les ponts avec tous ceux qui ne partagent pas nos convictions".

Avec ces déclarations, Alain Juppé fait valoir son expérience, tout comme Nicolas Sarkozy avec qui il s'est dit d'accord sur ce sujet, mais montre aussi une certaine fermeté. Il a réclamé des partenaires diplomatiques de la France leur "implication dans la lutte contre l'Etat islamique" et rejeté l'arrivée, en France, "de capitaux étrangers destinés à financer des mosquées ou des imams salafistes".

D'autres ont multiplié les attaques contre les pays du Golfe, à l'instar de Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire, mais l'ancien président Nicolas Sarkozy a pour sa part défendu le dialogue : "Si vous pensez qu'on va régler le drame de l'affrontement entre les sunnites et les chiites en refusant de parler avec l'Arabie Saoudite et en refusant de parler avec Téhéran, c'est que vous ne comprenez pas cette situation", a-t-il dit, proposant "une grande conférence" avec les deux pays et la Russie.

Discorde majeure sur le collège unique

Le décrochage scolaire, chaque candidat en fait son affaire. Dès le CP pour Nicolas Sarkozy au test obligatoire au collège pour d'autres, comme Jean-Frédéric Poisson ou Bruno Le Maire, ce sujet fait consensus entre les sept candidats. Le point d'achoppement se fait plutôt sur le collège : large part à l'apprentissage dès la sixième ou maintien du collège unique pour ne pas orienter par défaut les élèves les moins talentueux vers des voies de garage, comme le craint particulièrement Nathalie Kosciusko-Morizet ?

En revanche, les candidats ont tous pris position en faveur de la police, dont le mouvement policier fait l'actualité depuis plusieurs semaines. En particulier sur la notion de présomption de légitime défense. ou l'alignement des règles entre gendarmes et policiers. Seul François Fillon n'a pas pris position.

Attaqué sur son bilan sécuritaire et la suppression d'effectifs, par Jean-François Copé en grande partie, mais pas seulement, Nicolas Sarkozy a de nouveau mis en avant la nécessité de "sauver la France" en 2008 de la catastrophe "économique", impliquant dans cette décision son ancien Premier ministre et aujourd'hui rival François Fillon, qui n'a pas cillé.

BFMTV, RMC, Dailymotion et iTELE, en grève depuis 18 jours, diffusaient ce deuxième des quatre débats de la primaire. Un troisième débat est prévu le 17 novembre. Le dernier opposera les deux finalistes avant le second tour.

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