Les deux finalistes de la primaire se sont affrontés jeudi soir lors d'un ultime débat, à trois jours du second tour. Un débat sans vagues où Alain Juppé est resté dans l'ombre.

François Fillon et Alain Juppé ont débattu jeudi lors de l'ultime rencontre avant le second tour de la primaire de la droite et du centre.
François Fillon et Alain Juppé ont débattu jeudi lors de l'ultime rencontre avant le second tour de la primaire de la droite et du centre. © AFP / Eric Feferberg

Le match n'aura pas vraiment eu lieu ce jeudi soir lors du débat de l'entre-deux tours. Sans vagues, François Fillon et Alain Juppé ont tous les deux déroulé leurs projets pour la France.

Alain Juppé, en position de challenger avec seulement 35% des intentions de vote à l'issu du premier tour de la primaire, n'a pas pu mettre en place sa stratégie offensive : à chacune de ses réponses, et ce, dès le propos liminaire, François Fillon a ceinturé Alain Juppé, "son ami", pour tuer dans l'œuf les points de friction qui ont fait tant parler pendant cet entre-deux tours. Il a ainsi défendu son projet "radical" mais nécessaire pour sortir les Français de la "révolte".

Alain Juppé, premier à parler après tirage au sort, a d'emblée rappelé ses objectifs :

Passe d'armes sur les fonctionnaires

Les deux finalistes de la primaire se sont toutefois opposés sur la réduction du nombre de fonctionnaires et sur le temps de travail. Si François Fillon comme Alain Juppé souhaitent réduire le nombre d'emplois dans la fonction publique, le maire de Bordeaux a dénoncé "l'infaisabilité" du projet de son rival de supprimer 500.000 postes.

Une attaque dénoncée par François Fillon, qui a rétorqué qu'avec une augmentation de la durée hebdomadaire du temps de travail, il était possible de ne pas remplacer les départs à la retraite, tout en réalisant des économies. Mais c'est là où ça coince : Alain Juppé a sauté sur l'occasion pour dénoncer "l'injustice" d'un passage à 39h sans revalorisation de la rémunération des fonctionnaires.

Interrogé sur la mention de la durée légale du travail fixée à 48 heures par l'Europe dans son programme, François Fillon s'est par ailleurs défendu, estimant qu'aucun accord d'entreprise ne serait conclu à 48 heures hebdomadaires. "Et poser la question comme ça, c'est comme sur beaucoup d'autres sujets, c'est caricaturer quelque chose qui au contraire est extraordinairement moderne" , a-t-il lancé aux journalistes.

Les deux hommes ont aussi échangé sur l'éthique en politique, tombant d'accord sur le fait qu'un ministre de leur gouvernement qui serait mis en examen devrait quitter son poste.

Alain Juppé a également précisé son intention de ne pas modifier la loi sur le non-cumul des mandats, votée par la Gauche.

Fillon affirme ne pas remettre en question la loi Veil sur l'IVG

Ils sont revenus sur la question de l'IVG. "Le procès qui m'a été fait depuis quelques jours n'était pas correct" a appuyé François Fillon. "Je n'ai fait aucun procès, j'ai juste posé une question", s'est défendu Alain Juppé, en disant avoir été de son côté, "depuis des mois et des mois, l'objet d'une campagne absolument ignominieuse" sans qu'aucun "lieutenant" de M. Fillon ne la condamne.

Sur la question du mariage homosexuel et de l'adoption pour les couples de même sexe, François Fillon a également affirmé ne rien remettre en cause, mais cette adoption sera "simple", pour conserver le droit aux enfants d'avoir accès à leur filiation.Pas de remise en question non plus du côté d'Alain Juppé, qui a enchaîné sur sa réflexion autour de la PMA et la GPA pour ne pas "instrumentaliser le corps humain".

A propos de la Russie, Alain Juppé s'est étonné que le président Vladimir Poutine ait "choisi son candidat". François Fillon a réfuté qu'il s'agisse d'un soutien. "Il se trouve que nous avons travaillé ensemble car j'ai été Premier ministre pendant cinq ans et il a été Premier ministre pendant cinq ans", a-t-il dit. "Ce sont les seules relations que nous avons", a-t-il dit, expliquant que "l'intérêt de la France n'était pas de changer d'alliance".

Après l'énorme surprise du premier tour, les jeux semblent joués. M. Fillon l'emporterait dimanche avec 65% des voix contre 35% à Alain Juppé, selon Ifop-Fiducial.

REVOIR LE DÉBAT EN VIDÉO ET EN INTÉGRALITÉ :

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