Vincent Peillon, candidat à la primaire de la gauche, a dévoilé son programme. Avec, pour fil directeur, une Europe qui s’affirme.

Vincent Peillon, lors de la présentation de son programme avant la primaire de la gauche, le 3 janvier 2017.
Vincent Peillon, lors de la présentation de son programme avant la primaire de la gauche, le 3 janvier 2017. © AFP / bertrand GUAY / AFP

Présenté ce mardi matin dans le XIIe arrondissement parisien, le programme du candidat Peillon s’inscrit "dans l'histoire du socialisme et de la gauche". Candidat surprise après le renoncement de François Hollande le 1er décembre, Vincent Peillon, (qui compte parmi ses soutiens des députés comme Patrick Menucci, Anne Hidalgo, Patrick Bloche ou Karine Berger) a détaillé ce projet d'une trentaine de pages qui balaie plusieurs thématiques (institutions, travail, santé, éducation, sécurité...).

La présentation de ce programme intervient au même moment que celle de Manuel Valls, trois semaines avant le premier tour de la primaire de la gauche, prévue le 22 janvier prochain.

Une stratégie européenne offensive

Vincent Peillon insiste sur la nécessité d'une "stratégie européenne offensive et affirmée", alors que l'Europe "traverse une crise sans précédent". L'ancien ministre de l'Education, député européen depuis 2014, souhaite "relancer le moteur franco-allemand" avec un "new deal européen" sur un projet en quatre points :

  1. Élaborer "un budget de la zone euro capable de soutenir l'activité et l'emploi"
  2. Lancer "un plan d'investissement" de 1.000 milliards d'euros "pour la transition énergétique, le numérique, les télécommunications, la recherche, l'innovation, la formation, la jeunesse"
  3. Enclencher "l'harmonisation fiscale"
  4. Travail : construire "un pilier social" avec "l'adoption d'une directive-cadre sur le travail décent, l'adaptation des normes sociales"

Pas d’élargissement de l’UE, mais une politique d’asile

Vincent Peillon veut aussi une "pause dans le processus d'élargissement" de l'Union européenne pour qu'elle puisse "se concentrer sur elle-même".

Si nous ne pouvons pas avancer à 27, nous avancerons avec ceux qui le souhaitent et en priorité au sein de la zone euro

Pour l’ex-ministre de l’éducation, il faut une Europe "à la hauteur" de la crise migratoire, avec trois mesures principales:

  1. Création d'un corps de garde-frontières européen,
  2. La mise en place d'un "corridor humanitaire permettant d'accueillir directement les réfugiés depuis les pays voisins de la Syrie"
  3. Instauration d'une "véritable politique européenne de l'asile".

Une fiscalité tournée vers les plus modestes

Le député européen veut aussi réformer la fiscalité nationale, en se tournant vers les plus modestes, via notamment un "bouclier fiscal", et quatre mesures principales :

  1. Taxe d’habitation plafonnée
  2. Aide à l'export, la recherche et développement pour améliorer la "qualité", et la formation figurent parmi les priorités des entreprises.
  3. Révision (mais pas abrogation) de plusieurs dispositions de la ‘loi travail’
  4. Approfondir le compte personnel d'activité, le droit à la déconnexion et l'extension de la garantie jeunes
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