Des divergences sans violence. Benoît Hamon et Manuel Valls ont débattu avec apaisement mercredi soir, pour la dernière fois avant le second tour de la primaire.

Les deux finalistes de la primaire de gauche ont affiché mercredi leurs divergences lors du dernier débat avant le second tour du vote
Les deux finalistes de la primaire de gauche ont affiché mercredi leurs divergences lors du dernier débat avant le second tour du vote © AFP / Bertrand GUAY / POOL

Loin des tensions affichées ces derniers jours entre les deux finalistes de la primaire à gauche, Benoît Hamon et Manuel Valls ont exposé leurs divergences dans le calme mercredi soir, lors du débat d'entre-deux tours diffusé sur TF1, France 2 et France Inter.

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Les deux rivaux se sont notamment opposés autour du travail et de la laïcité, Benoît Hamon se réclamant d'une gauche voulant proposer aux électeurs "un futur désirable, propulser un imaginaire puissant". Il s'est, pour ce faire, appuyé fortement sur le revenu universel, un concept qui a été longuement discuté pendant ce débat.

Manuel Valls, en ballottage défavorable (31,48%) a tenu une position plus offensive pour défendre son idée d'une gauche "crédible", désireuse de "ne pas créer d'illusion", mais aussi capable de l'emporter à la présidentielle.

Manuel Valls plus proche d'Emmanuel Macron, Benoît Hamon de Jean-Luc Mélenchon

L'issue de la primaire pourra avoir une forte incidence sur le Parti socialiste, d'aucuns craignant une scission du parti en deux courants. Tout au long du débat, les deux candidats ont retenu leurs coups mais ont assumé leur proximité, l'un avec Jean-Luc Mélenchon, l'autre avec Emmanuel Macron. Benoît Hamon, qui d'abord semblait ne pas vouloir prendre position, a finalement déclaré d'Emmanuel Macron qu'il s'était déclaré "ni de gauche, ni de droite", tandis que lui l'est. Comprendre : "je choisis Jean-Luc Mélenchon".

A l'inverse, Manuel Valls s'est dit "du côté progressiste" et pourrait, en cas de victoire, se rapprocher de son ancien ministre de l'Économie.

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Le revenu universel, "un message de découragement" pour Manuel Valls

Benoît Hamon et Manuel Valls ont affiché leurs plus fortes divergences sur la notion du travail, et notamment la proposition de revenu universel portée par Benoît Hamon. L'ancien Premier ministre a accusé son adversaire de porter un "message de découragement" et "d'abdication" sur le chômage avec sa proposition, quand lui, qui propose de réintroduire l'une des mesures phare du quinquennat Sarkozy, la défiscalisation des heures supplémentaires, martelait que "ce que les Français demandent, c'est de travailler davantage, c'est d'être mieux formés, mieux armés".

"Il ne s'agit pas uniquement de faire rêver, il s'agit aussi d'être crédible", a grincé l'ancien Premier ministre, qui a repris le slogan de campagne d'Arnaud Montebourg en se voulant "le candidat de la fiche de paie".

Benoît Hamon, qui défend notamment la semaine de 32 heures, a souligné son "désaccord important avec Manuel Valls", lui reprochant de n'avoir à opposer aux "études" sur l'impact du numérique sur le travail que sa "foi" et sa "croyance". "Je pense qu'il vaut mieux anticiper un processus, quitte à ce qu'on se trompe, en équipant ceux qui connaissent ces nouvelles formes de travail", a détaillé M. Hamon, en montant au créneau pour défendre le coût jugé "exorbitant" par son rival, ainsi que le calendrier, du revenu universel.

"Sauf à être dans la société médiatique, de penser que tout se fait en un claquement de doigts, pour le revenu universel il faudra plusieurs étapes", a ainsi cinglé M. Hamon, qui a aussi plaidé pour des investissements importants en matière de transition énergétique, quitte à aggraver les déficits.

"On négocie avec les banquiers, pas avec la nature", a-t-il répété. "L'option politique que je propose, ce n'est pas de dire que ce qui va peser sur l'avenir de mes filles, c'est la dette."

La laïcité, une question moins houleuse que prévue

La question du voile, qui a été à l'origine de cinglants échanges par médias interposés entre les deux camps, a également été abordée pendant ce débat, mais dans une atmosphère moins agressive qu'attendue.

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"Là où une femme décide librement de porter le foulard islamique, et il en existe, peu importe ce que nous pensons, au nom de la loi de 1905, elle est libre de le faire, et moi je veux lui assurer cette liberté", a plaidé M. Hamon, qui a subi plusieurs attaques en début de semaine sur le sujet.

"Notre rôle, ce n'est jamais de stigmatiser. Mais c'est de dire à ces femmes et ces jeunes filles, qui vivent cet ordre machiste que nous sommes là pour les aider à s'émanciper", a exposé de son côté M. Valls, après avoir taxé cette semaine d'"ambiguë" la position de M. Hamon sur l'islamisme radical.

Les voix des électeurs d'Arnaud Montebourg, qui visitera avec M. Hamon une entreprise innovante vendredi à Paris, seront déterminantes. De même que celles des sympathisants de gauche qui n'ont pas été voter au premier tour.

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