Le Référendum contre la privatisation d'ADP a recueillis 556 000 soutiens sur le site du Ministère de l'Intérieur. Un score honorable, mais fragile : le flot de signatures s'est tari mi-juillet. Les parlementaires ont rendez-vous avec le CSA et le ministre de l'Intérieur pour exiger une vraie campagne publique.

Le RIP pour ADP est-il en panne ? En tout cas le site pour le recueil des signatures n'aide pas....
Le RIP pour ADP est-il en panne ? En tout cas le site pour le recueil des signatures n'aide pas.... © AFP / Philippe LOPEZ

C'est parti en mode fusée : le 13 juin, le Conseil Constitutionnel fait la pédagogie du site lancé, comme le veut la loi, sur le site du ministère de l'Intérieur.

En 10 jours, quelques 250 000 signatures recueillies. Les médias relaient à fond cette drôle d'alliance qui va de la droite LR avec Gilles Carrez en figure de proue, au socialiste Boris Vallaud et à l'Insoumis François Ruffin.  Le député de la Somme, qui donnait le 19 juin une conférence à Paris, dans son café fétiche près de la place de la République, saluait cette ajout de forces : 

Eh bah tant mieux si la droite s'y met ! S'il y a des militants de droite, qui font les marchés, les hypermarchés ou qui font les golfs, eh bien tant mieux !

Assez vite arrivent les bugs

Le site a été pensé avec un logiciel très "siècle dernier" et le Conseil constitutionnel reconnait qu'il reçoit énormément de plaintes. Depuis début juillet, on constate moins de récriminations, mais aussi beaucoup moins de signatures : autour de 4 000 par jour, là où il en faudrait autour de 27 000 pour atteindre les 4,7 millions de signatures requises. 

Les socialistes, à l'origine de la proposition de loi s'insurgent, comme Patrick Kanner : 

Pour le Grand débat, on a mis 12 millions pour faire un site très bien. Pour le RIP, c'est un minitel

De fait, le site n'est absolument pas convivial. Il est intimé de suivre au caractère près sa carte électorale pour que la soutien soit validé. Ce n'est pas toujours exact, il faut parfois retirer un prénom pour obtenir son sésame "votre soutien a bien été pris en compte" au lieu du fréquent : "Nous ne sommes pas parvenus à vous identifier sur la liste électorale de X. Vous ne pouvez pas soutenir cette initiative référendaire".  

Avec un sens aigu de la litote, au Conseil Constitutionnel on concède : "Une ergonomie qui n'est pas la plus contemporaine"...

Autre difficulté, le manque d'information

Les parlementaires coalisés pour ce référendum exigent qu'il y ait une vraie campagne sur les chaînes de l'audiovisuel public. Le CSA devrait se prononcer ce mardi. Mais les pro-référendums ne se font pas d'illusions. 

Et en attendant la tournée des golfs, les socialistes font une tournée des plages qui commence demain sur les quais de Seine, avec pour nom - attention jeux de mots - : PaRIPlages.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.