Lors d'une conférence de presse, Marine Le Pen a confirmé ses changements de ligne radicaux sur les questions d'écologie. La présidente du RN compte adopter un peu plus un ton raisonnable sur divers thèmes de campagne.

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national
Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national © AFP / Alain JOCARD

Après son contre-projet sur le séparatisme (c'est-à-dire contre l'idéologie islamiste), Marine Le Pen lance sa proposition de contre-référendum sur l’écologie.

Quinze questions que la présidente du Rassemblement National voudrait poser aux Français si elle était au pouvoir. Sur l’avenir du parc éolien, l’installation de nouvelles grandes surfaces, ou le nucléaire : toutes les questions environnementales, ou presque, seraient devenues ses nouvelles marottes. 

Car le RN, ex-FN, ne peut plus faire l’impasse sur ces sujets, après avoir été longtemps absent voire méprisant à leur égard. On se souvient de Jean-Marie Le Pen traitant l’écologie de "nouvelle religion des bobos gogos".                      

Comme sur beaucoup d’autres sujets, on assiste donc à des évolutions de la doctrine frontiste. Voire à des changements radicaux.

Depuis la dernière élection présidentielle en 2017 en effet, Marine Le Pen prend des virages à 180 degrés.

Principale évolution, l’abandon du Frexit, la sortie de l’euro, portée par l’ex-lieutenant Florian Philippot, mais "incomprise des Français", admet le RN.

Tout l’enjeu maintenant, "c’est de ne pas avoir un euro bis", dit un cadre du parti.

C’est pourquoi certains responsables, notamment les ex-LR, prêchent aujourd’hui pour un recentrage, quitte à abandonner les totems du parti, comme la suspension de l’espace Schengen. Fin janvier, lors d'une conférence de presse, Marine Le Pen a d'ailleurs franchi le pas, ne demandant plus sa suppression mais la réduction de la libre circulation aux seuls nationaux européens.. 

Au sujet de la dette, terminée la nationalisation ! Aujourd’hui l’important, c’est de la rembourser (Marine Le Pen s'est exprimée sur le sujet dans une tribune de l'Opinion)

Quant à la retraite à 60 ans, "elle finira par y renoncer", assure un député européen.

Une stratégie claire donc qui consiste à effacer les mesures les plus clivantes de son programme et adopter un ton raisonnable pour rassurer les classes moyennes et retraités. Cela au risque de perturber son électorat traditionnel en quête de rupture et de discours radical. Cette ligne de crête avec laquelle Marine Le Pen tente de composer, en prenant des gages sur les piliers de son programme, comme par exemple avec ce récent texte contre l’idéologie islamiste qui proposait entre autre, d’interdire le voile dans la rue.