La centrale nucléaire de Cattenom
La centrale nucléaire de Cattenom © MaxPPP/Le Républicain Lorrain/Julio Pelaez

Sur proposition de l'UMP, l'Assemblée nationale devrait voter jeudi la création d'un délit pénal d'intrusion dans les centrales nucléaires, passible d'un an d'emprisonnement.

Des peines qui seront portées à trois ans de prison et 45.000 euros d'amende lorsque l'infraction est commise en réunion ou "lorsqu'elle est précédée, accompagnée ou suivie d'un acte de dégradation".

Elles monteront jusqu'à sept ans de prison et 100.000 euros d'amende pour une infraction commise avec l'usage ou la menace d'une arme.

Pour l'auteur de la proposition de loi, le député UMP Claude de Ganay, maire de Dampierre-en-Burly (Loiret) où est implantée une centrale nucléaire, les intrusions présentent un risque pour les salariés de ces centrales nucléaires, pour les gendarmes mais aussi pour les militants eux-mêmes.

Claude de Ganay avec Stéphane Leneuf

Ca permettra aux antinucléaires de manifester, mais pas de pénétrer dans les enceintes des centrales

Le texte sera très probablement adopté, puisqu'en commission de la défense nationale, le 28 janvier dernier, il a été approuvé par les députés de la majorité comme de l'opposition, à l'exception des écologistes qui ont voté contre.

Greenpeace dans le collimateur

Le délit semble taillé sur mesure pour Greenpeace. Depuis 2007, l'ONG a mené une douzaine d'actions dans des centrales nucléaires, mais les militants n'ont été condamnés que pour violation de domicile, ce qui leur a valu quelques mois de prison avec sursis. Ca a été le cas lors d'actions à Fessenheim ou à Gravelines.

Les écologistes

Le co-président du groupe écologiste à l'Assemblée, François de Rugy, a dénoncé "le caractère complètement surréaliste de ces propositions, qui visent plutôt à montrer du doigt Greenpeace".

Même indignation, évidemment, à Greenpeace. pour Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire de cette organisation, cette loi se trompe de cible. Elle vise en réalité uniquement des militants pacifiques qui ne représentent pas de menace pour les sites, mais qui mettent en revanche en lumière les failles des pouvoirs publics et des exploitants.

Yannick Rousselet avec Aurélien Colly

Une mesure anti-militants pacifistes. On prend une mesure pour éviter d'avoir à soigner le mal : la sécurité des installations nucléaires.

Les drones ne sont pas oubliés

Les députés s'inquiètent de la multiplication des survols des sites sensibles, et particulièrement nucléaires, par des drones : une vingtaine depuis octobre, sans que l'on trouve le mobile et les auteurs de ces actions.

La commission demande donc au gouvernement de remettre au Parlement, avant le 30 septembre, un rapport évaluant les risques et présentant des solutions afin d'améliorer la détection et la neutralisation de drones, "ainsi que les adaptations juridiques nécessaires afin de réprimer de telles infractions".

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