L'enjeu est de taille : celui qui, parmi les quatre candidats en lice, sera élu premier secrétaire du Parti socialiste, après le vote dont le premier tour a lieu ce jeudi, sera chargé de reconstruire le parti. Sur quelle base ? Les quatre prétendants n'ont pas tous la même ligne.

Les quatre candidats, le 7 mars dernier, lors du débat télévisé les opposant
Les quatre candidats, le 7 mars dernier, lors du débat télévisé les opposant © AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT

Qui va vraiment faire le choix au PS, ce jeudi ? Si le chiffre officiel est de 102 000 militants, seulement 44 000 sont à jour de leurs cotisations. Ils ont toutefois jusqu'au seuil de l'isoloir pour se mettre en règle et pouvoir voter pour le premier tour. Mais "il ne faut pas rêver, on n'aura pas 100% de participation", admet – avec un certain sens de la litote – Richard Témal, le coordinateur du parti. En faveur de quelle ligne ? C'est là que ça se corse.

Olivier Faure, le favori des barons 

Olivier Faure, le 30 janvier à l'Elysée
Olivier Faure, le 30 janvier à l'Elysée © AFP / Ludovic MARIN

A 49 ans, le patron des députés socialistes, dont le texte d'orientation est intitulé "Socialistes, le chemin de la renaissance", tient la tête des pronostics. Il a notamment reçu le soutien de nombreux pontes du parti, dont le coordinateur Richard Témal (sorti de sa réserve, ce qui n'a pas manqué de faire réagir les autres candidats) et la maire de Lille Martine Aubry, ainsi que de beaucoup de patrons de fédérations, plus de la moitié d'entre eux, selon son entourage. 

Lors du débat télévisé entre les candidats la semaine dernière, "Olivier Faure était venu montrer qu'il était le seul à pouvoir rassembler l'ensemble des socialistes", salue l'un de ses soutiens. "Je ne vois pas comment Olivier Faure n'est pas au deuxième tour", a même concédé l'un de ses adversaires. 

Emmanuel Maurel, le vainqueur du débat 

Emmanuel Maurel, en juin dernier lors d'un conseil national du PS
Emmanuel Maurel, en juin dernier lors d'un conseil national du PS © AFP / Zakaria ABDELKAFI

La direction actuelle du PS jure "qu'il ne faut pas insulter les militants, qu'ils ne votent pas le petit doigt sur la couture du pantalon". Alors, si l'on s'en tient au débat, indéniablement, c'est Emmanuel Maurel, le candidat de l'aile gauche du parti, qui a marqué des points. Son texte d'orientation s'intitule "L'union et l'espoir". 

Déjà prétendant à la tête du PS en 2012, il avait obtenu 28% au second tour face à Harlem Désir. Ancien assistant parlementaire de Jean-Luc Mélenchon (du temps où celui-ci était encore au PS), il propose une alliance des forces "antilibérales" de gauche. Si le candidat a marqué les esprits lors du débat, c'est aussi pour... sa ressemblance physique avec François Hollande. 

Luc Carvounas, l'outsider  

Luc Carvounas a été sénateur puis député du Val-de-Marne
Luc Carvounas a été sénateur puis député du Val-de-Marne © AFP / Thomas Samson

Ancien maire d'Alfortville et sénateur, aujourd'hui député du Val-de-Marne, Luc Carvounas est à la fois le moins connu des quatre candidats, et celui qui est parti le plus tôt en campagne, dès novembre 2017. C'est le candidat qui a parcouru le plus long chemin pour convaincre. Son texte, "Un Progrès partagé pour faire gagner la gauche", évoque une "gauche arc-en-ciel", alliance des "forces progressistes, écologiques et républicaines".  

Son principal point faible ? Manuel Valls, dont il a été longtemps l'un des soutiens les plus solides. "Il est passé de l'aile droite du parti à l'aile gauche", lui reprochent ses adversaires.  

Stéphane Le Foll, le plus populaire 

Stéphane Le Foll à l'Assemblée nationale
Stéphane Le Foll à l'Assemblée nationale © AFP / Thomas Samson

Si le vote doit se jouer à la cote de popularité, c'est Stéphane Le Foll qui tient la corde. Comme Olivier Faure, il représente le courant majoritaire du parti. Aujourd'hui député de la Sarthe, il défend un texte nommé "Chèr.e.s camarades" et compte sur ses qualités oratoires pour porter la voix des socialistes.  

Mais il risque aussi de porter comme un boulet le bilan du quinquennat Hollande, et est critiqué par ses adversaires et leurs soutiens pour son opposition plutôt frileuse à la politique d'Emmanuel Macron.  

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