La présidente du Rassemblement National est à Milan ce samedi aux côtés de "son ami", le ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini et dix autres partis souverainistes dont la moitié représentés par leurs chefs, pour une démonstration de force à partir de 15h sur la place du Dôme de la capitale lombarde.

C'est place du Dôme à Milan que les douze partis souverainistes se réunissent pour un meeting samedi
C'est place du Dôme à Milan que les douze partis souverainistes se réunissent pour un meeting samedi © Steffen Schmitz (Carschten) / Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0

Outre Marine Le Pen et Matteo Salvini seront donc présents 10 autres alliés nationalistes : Autrichiens, Allemands, Néerlandais, Belges, Tchèques, Bulgares, Slovaques, Estoniens, Danois et Finlandais. Ils pourraient bien former le troisième groupe du Parlement européen. 

Mais, ensemble, que proposent-ils ?  

Impossible de rédiger ensemble un projet commun, tant les différences sont nombreuses : sur les questions économiques, monétaires, diplomatiques. Les alliés néerlandais et les tchèques sont par exemple encore pour la sortie de la zone euro. Les partenaires scandinaves ne veulent pas entendre parler d'un rapprochement avec la Russie. Les Autrichiens et Allemands sont bien plus libéraux que la moyenne. Et même sur la gestion de l’immigration, ils n’avancent pas les mêmes solutions, selon leur géographie et leur histoire. 

Alors, ce samedi après-midi, devant plusieurs milliers de sympathisants de la Lega, le parti de Matteo Salvini, chacun des leaders se contentera de lancer, en quelques minutes, des slogans contre l’islamisation, les élites et les migrants. 

Ils promettront le grand soir pour une "_Europe des nations et des coopérations"_, dans laquelle chacun fera ce qu’il veut, et où la Commission n’aura plus aucun pouvoir, comme le suggère Marine Le Pen : "Nous voulons que la Commission européenne devienne un secrétariat technique du Conseil, qui est en réalité l'assemblée des chefs d'État et chefs de gouvernement des pays européens. C'est au Conseil de décider. Ce sont les Nations qui doivent décider et la Commission elle doit obéir."

Une Commission européennes qui changera de visage au lendemain de ces élections

Les gouvernements italiens, autrichiens, hongrois, polonais devraient nommer des commissaires eurosceptiques. Et c’est, sans doute, cette série de nominations qui pourrait faire changer la donne et affaiblir considérablement Bruxelles. Car, au Parlement, même si leur groupe double de volume, ils réuniront au mieux 15% des sièges (11% selon les prévisions actuelles). Et cette minorité ne permettra pas de sortir des traités, ou même de bloquer une réforme. Ils resteront dans l’opposition. Et en face, libéraux, socialistes et élus de droite chercheront, comme toujours, des compromis. 

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