La présidente de la Commission Nationale du débat public a passé une heure au téléphone la semaine dernière avec l'un des "portes paroles auto proclamés" du mouvement : Jason Herbert, déjà reçu en novembre par Edouard Philippe.

Le "gilet jaune" Jason Herbert avait déjà reçu en novembre par Edouard Philippe.
Le "gilet jaune" Jason Herbert avait déjà reçu en novembre par Edouard Philippe. © AFP / Philippe LOPEZ

Chantal Jouanno voulait avoir l'avis de Jason Herbert, "gilet jaune" et chargé de communication à Angoulême, et son ressenti sur la grande consultation nationale qui sera lancée le 15 janvier et son organisation (des débats multiples, locaux, que tout le monde peut décider d'organiser en public ou au sein plus restreint d'une entreprise, d'un syndicat ou d'une association. Le but étant de faire remonter des propositions concrètes).  

Une conversation téléphonique dont le jeune homme est ressorti très surpris et même perplexe. 

S'ils m'appellent moi, ça doit vouloir dire qu'ils sont un peu perdus quand même à la commission.

C'est la première idée qui traverse Jason Herbert après sa conversation avec l'ex ministre Chantal Jouanno. "Ces personnes-là sont dans un monde politique, voir technocrate et donc parfois, malgré elles, elle peuvent quand même être un peu déconnectées de la réalité" pense-t-il.

Il a donc donné son avis : les documents à remplir trop compliqués, dit-il pas accessibles à tous. Et puis les élus locaux ne devraient pas organiser eux-mêmes ces réunions, pour ne pas influencer. 

La commission assure avoir recueilli de multiples avis comme celui-ci. Une procédure habituelle en somme.  

Quelques heures après sa discussion Jason Herbert, se connecte sur les réseaux sociaux et échange avec une centaine de "gilets jaunes", la plupart méfiants voire hostiles. "Nos revendications sont déjà connues, qu'est-ce que ça va changer ?" argumentent-ils.

Jason Herbert hésite d'ailleurs encore à organiser lui-même un débat local. "Si par exemple le gouvernement ne tient pas ou peu compte de cette concertation nationale, il y a un risque pour les personnes qui vont organiser ces débats de se retrouver au milieu d'une tornade,  dans deux ou trois mois, tout simplement parce que ces personnes-là pourraient être accusées d'avoir participé à un enfumage."

Jason Herbert, avait déjà reçu des menaces en novembre quand il avait accepté de rencontrer le Premier ministre mais aujourd'hui, précise-t-il "j'ai appris à relativiser". La minorité violente est bruyante, mais elle reste une minorité.   

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