Jacqueline Gourault, interrogée sur France Inter, a évoqué un geste à l'égard de "prisonniers politiques corses". Un élément de langage mal maîtrisé, à quelques jours de l'entretien que la ministre auprès du ministre de l'Intérieur doit avoir avec Édouard Philippe.

Jacqueline Gourault, invitée de Léa Salamé sur France Inter le 3 juillet 2018
Jacqueline Gourault, invitée de Léa Salamé sur France Inter le 3 juillet 2018 © Radio France / Capture écran

C’est une boulette qui a fait bondir d’effroi l’Elysée et Matignon, mais bondir de joie une partie de la Corse. Sur France Inter, ce matin Jacqueline Gourault souhaitait prouver que le gouvernement était à l’écoute des revendications des élus corses, mais elle a eu cette formule malheureuse : parlant des prisonniers corses, la Ministre auprès du ministre de l'Intérieur a parlé ni plus ni moins de "prisonniers politiques", une expression directement empruntée au vocabulaire des nationalistes corses, mais aussi basques qui demandent régulièrement le rapprochement - voire l’amnistie - de ces détenus. 

Pas un instant la ministre ne se reprend, après avoir prononcé ces mots potentiellement explosifs. Quelques minutes plus tard, le feu se propage. Elle rectifie ses propos sur son compte twitter :

Mais le mal est fait. L'exécutif grince des dents. Depuis des années, les dirigeants au pouvoir n’ont eu de cesse de rappeler qu’il n’y a pas de « prisonnier politique » en France. Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, en janvier dernier sur RTL expliquait : " Il n'y a pas de prisonniers politiques. Il y a des prisonniers politiques au Venezuela. Il y a des prisonniers politiques dans d'autres pays, et d'insister, en France vous avez des criminels qui ont été condamnés pour des crimes de sang et qui purgent des peines pour lesquelles ils ont été condamnés".

En revanche, les nationalistes corses applaudissent à tout rompre. Le président du conseil exécutif de Corse, Gilles Siméoni, ironise : 

Á quelques jours de l'entretien de Jacqueline Gourault avec Édouard Philippe pour son bilan d'étape, un an après son arrivée au gouvernement, cette nouvelle bourde passe mal. 

Commentaire acerbe d'un ténor de la majorité contre la ministre : "Je sais déjà ce qu'il sera écrit dans son carnet de notes : 'Tournez 1958 fois sa langue dans sa bouche avant de parler'". 1958 : référence à la Constitution. 

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