Ils sont venus de France, d’Allemagne, de Belgique à l’appel d’Andrea Crippa, militant de la Ligue du Nord et proche de Matteo Renzi. Une rencontre de ces nationalistes européens à laquelle Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement national a participé.

Les leaders des partis de jeunes nationalistes européens, réunis vendredi soir à Rome.
Les leaders des partis de jeunes nationalistes européens, réunis vendredi soir à Rome. © Radio France / Marie Duhamel

S’il a réuni les branches jeunesse des partis nationalistes européens, Andrea Crippa l’a fait en songeant “aux générations à venir et non aux échéances à courts termes”. C’est pourtant à deux mois des élections européennes que le chef des jeunes léghistes - en référence à la Ligue du Nord de Matteo Salvini - et proche du vice-président du conseil des ministres italien rassemble ce week-end ses amis patriotes de France (Génération nation), d’Allemagne (AfD), d'Autriche (FPÖ), ou de Belgique (Vlaams Belang). Leur rencontre s’est ouverte ce vendredi dans le centre de Rome. 

“Faire tomber” les “élites décadentes” de Bruxelles

Tous souhaitent - certains à haute voix - “renverser les équilibres” au parlement de Strasbourg pour créer un groupe capable de changer l’Europe. Les “ennemis” à faire tomber sont nommément désignés. Les dirigeants français et allemand, mais également tous les “technocrates arrogants” de Bruxelles et en particulier Jean-Claude Juncker, le “soulard” qui préside la commission européenne, affirme le représentant de l’AfD (parti d'extrême-droite allemand, Alternative für Deutschland). Damian Löhr qui dénonce “des élites décadentes barricadées dans leur palais de verre, loin des gens (…) qui leur mentent en tenant une distance de sécurité”. 

Leur histoire a 60 ans. Notre Europe en a 3000”. À la tribune, le protégé de Marine le Pen et tête de liste de son parti aux Européennes, Jordan Bardella évoque “la démocratie athénienne” ou “la Rome impériale”. Il ravive la gloire passée pour en venir au futur. Le directeur de Génération nation (branche “jeune” du RN) veut “qu’on reprenne les clés des confins européens” pour “défendre nos trésors, nos entreprises, notre agriculture”. 

Aujourd’hui, explique-t-il, l’Europe est “un espace ouvert à tout vent”, où entre “la drogue, des armes et des terroristes”. On l’acclame lorsqu’il cite le cas d’une Italienne violée par un groupe de migrants. Parce “qu’on ne compte plus les morts”, Jordan Bardella propose de renforcer la lutte européenne contre l’immigration, d’autant s’indigne-t-il qu’en France “un migrant peut gagner plus qu’un retraité”.

“Nous sommes déjà en guerre”

La préférence nationale sera d’ailleurs le combat de demain, assure en substance le coordinateur des jeunes italiens de la Ligue. “On nous dit que l’Europe ne peut être touchée sinon c’est la guerre, mais nous sommes déjà en guerre”. Ce n’est pas celle des bombes et des chars, précise-t-il, mais celle de la précarité. Il liste, pêle-mêle : d’esclaves qu’on exploite trois euros de l’heure créant une concurrence déloyale en Europe tout en privant l’Afrique de ses richesses ; des artisans étouffés par les règles européennes ; des jeunes qui quittent leur pays pour trouver du travail ; de parents qui ne devraient plus s’endetter mais être protégés. 

Le parti de Vladimir Poutine finalement absent

Andrea Crippa, le héros du jour, a conclu la soirée en promettant aux dizaines de jeunes endimanchés, des berceaux qui ne seront plus vides, des crucifix dans les écoles et universités et de nouvelles alliances. 

Il ne pense pas à la Turquie. France et Italie s’entendent d’ailleurs sur le fait que si leurs partis remportent les élections du 26 mai, c’en sera fini des négociations européennes avec Ankara. Avec eux, la Russie deviendra un partenaire privilégié. Vendredi soir la présence d’une délégation de Russie unie, le parti du président Vladimir Poutine, était annoncée. Elle n’est pas venue

En revanche, le parti britannique favorable à un Brexit dur, l’Ukip, était bien là. Son représentant Adam Wood a exhorté son public à “ne pas se laisser réprimer”, “tous, vous pouvez abandonner l’UE”. Présence étrange, alors que ceux qui partageaient son estrade ont répété toute la soirée qu’il n’était pas question de quitter l’Union européenne, simplement d’en faire une union de nations libres et souveraines.

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