[scald=89033:sdl_editor_representation]par Chine Labbé

PARIS (Reuters) - Quatre candidats de gauche et du centre à l'élection présidentielle, parmi lesquels le socialiste François Hollande, ont signé mercredi un contrat pour une nouvelle politique du logement qui leur était proposé par la fondation Abbé Pierre.

Ce contrat prône notamment la construction de 500.000 logements par an pendant 5 ans, dont 150.000 logements locatifs "vraiment sociaux", et le lancement d'un plan visant 100.000 logements privés à loyer accessible par an.

Il est question aussi d'encadrer les loyers du parc privé, notamment à la relocation, et de faire passer à 25% la part de logements sociaux dans les communes (actuellement 20%).

Outre le candidat socialiste, le centriste François Bayrou, l'écologiste Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche) ont signé ce document.

"Ce ne sera pas simplement un contrat entre la fondation Abbé Pierre et le candidat socialiste, j'espère que ça sera un contrat entre le prochain président de la République et les Français", a dit François Hollande à la presse.

Il entend multiplier par cinq les sanctions à l'encontre des maires qui n'appliquent pas la loi SRU imposant un quota de logements sociaux et a rappelé son intention de mettre des terrains de l'Etat à disposition des collectivités.

François Hollande a précisé qu'il financerait son plan pour l'isolation thermique, estimé à 2 milliards d'euros sur cinq ans, par un prélèvement sur les bénéfices d'EDF.

Interrogé sur la promesse de Nicolas Sarkozy de ramener à zéro le nombre de sans abri à la fin de son quinquennat, il a dit ne pas vouloir faire une telle promesse à son tour.

"Ceux qui ont dit zéro SDF, (...) peut-être qu'ils vont perdre leur logement du moment", a-t-il ironisé.

PRESSION SUR LES ÉLUS

Eva Joly a défendu un encadrement des loyers, système qui d'après elle, "marche dans un petit pays exotique qu'est l'Allemagne", et la réquisition des bureaux et logements vides.

"Je porterai le logement centralement dans ma campagne et dans un gouvernement d'alternance", a-t-elle dit.

Si Eva Joly s'est déclarée opposée à une augmentation des sanctions contre les communes qui ne respectent pas la loi SRU, préférant que le préfet se substitue au maire dans ce cas, Jean-Luc Mélenchon a suggéré de multiplier les amendes par 10.

François Bayrou a de son côté prôné "d'organiser la pression" sur les élus locaux, suggérant par exemple le blocage des dotations de l'Etat en cas de non respect de la loi.

Le candidat centriste a également prôné la mise à disposition de foncier par l'Etat et par les collectivités locales, et a dit "ne pas croire un mot" de la proposition de Nicolas Sarkozy, qui a annoncé dimanche que le coefficient d'occupation des sols serait augmenté de 30%.

Il a cependant apporté une nuance à l'objectif de la fondation visant à encadrer les loyers.

"Je suis d'accord avec cet objectif mais je pense qu'il faut réfléchir aux moyens mis en oeuvre", a-t-il dit, proposant la création d'un observatoire des loyers zone par zone, avec des zones de référence "opposables".

Venu représenter Nicolas Sarkozy, qui n'a pas encore annoncé s'il comptait briguer un second mandat, son conseiller spécial Henri Guaino a estimé que le chef de l'état partageait "la philosophie générale" du contrat de la fondation Abbé Pierre, Mais n'a pas souhaité dire s'il pourrait ou non signer ce texte.

(Edité par Yves Clarisse

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.