La Charte des principes adoptée par le CFCM clame la "compatibilité" de l'islam avec la République et rejette les "courants extrémistes". Elle a été saluée lundi par Emmanuel Macron pour qui c'est "un engagement net, clair et précis en faveur de la République".

La "charte des principes" de l'islam de France représente "un engagement net, clair et précis en faveur de la République", s'est félicité Emmanuel Macron, après avoir rencontré des responsables du CFCM, lundi en milieu de journée.
La "charte des principes" de l'islam de France représente "un engagement net, clair et précis en faveur de la République", s'est félicité Emmanuel Macron, après avoir rencontré des responsables du CFCM, lundi en milieu de journée. © AFP / Pool / Ludovic Marin

Encadrer la deuxième religion de France, c'est le but de la Charte des principes validée par le Conseil français du culte musulman et présentée ce lundi à l'Élysée. Le CFCM s'engage ainsi à lutter contre l'islam politique et contre les ingérences étrangères. Par exemple, un Conseil National des Imams doit être créé pour "labelliser" les Imams. 

Qu'y-a-t-il dans cette charte ?

Dix articles qui rappellent d'abord que les principes de la République passent avant les convictions religieuses. Le président du CFCM, Mohamed Moussaoui, a listé ces principes à la sortie de la réunion avec Emmanuel Macron :

"L'égalité homme-femme, la liberté de conscience et de religion, le respect de la raison et du libre arbitre et le rejet de toutes les formes de discrimination et de la haine de l'autre".

Respect de la laïcité, condamnation de l'antisémitisme, de l'homophobie, de la misogynie. Et puis il y a surtout ces deux lignes rouges : le rejet de l'islam politique et le refus de toute ingérence étrangère dans la gestion des mosquées. 

Un marqueur politique fort auquel tenait beaucoup Emmanuel Macron 

Ce n'est pas un hasard si cette charte est présentée aujourd'hui, alors que commence à l'Assemblée l'examen du projet de loi contre le séparatisme. 

Le président salue "un engagement clair, net et précis", "un texte fondateur", selon l'Élysée. Mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir : sur les huit fédérations qui composent le Conseil français du culte musulman, trois n'ont pas encore signé le texte, dont deux proches de la Turquie. Officiellement, elles veulent prendre le temps de consulter leurs adhérents. 

Emmanuel Macron leur donne 15 jours pour signer. Il espère aussi que le Conseil des Imams sera opérationnel fin janvier. C'est cette instance qui sera chargée de "labéliser" les imams, mais surtout d'effectuer les contrôles et d'appliquer les sanctions prévues par le texte.

Avec cette charte, "tout commence", juge le chef de l'État.