Plusieurs ministres du nouveau gouvernement ont fait campagne contre Emmanuel Macron, en tenant des propos que les réseaux sociaux n'ont pas oublié.

Avant d'être les ministres du 1er gouvernement Macron, ils avaient plein de choses à dire sur lui
Avant d'être les ministres du 1er gouvernement Macron, ils avaient plein de choses à dire sur lui © AFP / Stéphane de Sakutin

Les ministres, nommés ce mercredi par Emmanuel Macron, ont parfois tenu des propos peu flatteurs contre celui qu'ils ont, pour certains, rejoint sur le tard.

Macron, "celui qui n'assume rien mais promet tout" (Edouard Philippe)

Pendant la campagne présidentielle, Edouard Philippe a tenu une chronique dans Libération dans laquelle il a, à plusieurs reprises, égratigné celui qui l'a nommé Premier ministre ce lundi.

En janvier, par exemple, Edouard Philippe écrivait : Emmanuel Macron "se présente en tribun adepte d'un populisme désinvolte", qui "n'assume rien mais promet tout, avec la fougue d'un conquérant juvénile et le cynisme d'un vieux routier". "De quoi restera-t-il le nom ?", s'interrogeait-t-il, "d'une révolution manquée ou d'une victoire éclair ? D'une trahison misérable ou d'une ambition démesurée ?".

En février cette fois, il se moquait des attitudes christiques du candidat Macron :

Il marche sur l'eau en ce moment. Il guérit les aveugles, il multiplie les pains, il répand la bonne parole

Édouard Philippe n'était pas réellement hostile à Emmanuel Macron.
En fait il le trouvait "double" et n'appréciait qu'une partie de sa personnalité. Porte-parole d'Alain Juppé lors de la primaire à droite, il explique, alors qu'il est invité de L'Opinion, "J'ai toujours pensé qu'il y avait deux Macron [...] Le Macron des actes, c'est un homme politique nommé par la grâce d'un président qu'il va finir par trahir. J'aime bien le Macron des discours, moins le Macron des actes".

Bruno Le Maire : "Macron, c'est de la soupe"

Les membres des Républicains n'avaient évidemment aucune raison d'épargner Emmanuel Macron, surtout durant la campagne présidentielle. Bruno Le Maire ne s'en est pas privé, lui qui twittait en février dernier :

Après la polémique déclenchée par les propos du chef de l'Etat sur la colonisation en février, celui qui est devenu ministre de l'Economie tweetait: "Macron a commis une faute politique contre la France, contre les Français. Qu'il s'excuse devant tous ceux qu'il a blessés !"

Gérald Darmanin : Macron sera le "poison définitif" d'un "pays malade"

"Le bobopopulisme de Monsieur Macron", c'est le titre de la tribune écrite par le nouveau ministre de l'Action et des Comptes publics dans l'Opinion en janvier dernier. "M. Macron n'aura pas de majorité [...] Loin d'être le remède d'un pays malade, il sera au contraire son poison définitif", écrivait-il alors, car son élection "précipiterait la France dans l'instabilité institutionnelle et conduirait à l'éclatement de notre vie politique. Alors dans ce vide, le populisme le plus abject arrivera, celui de Mme Le Pen", disait-il aussi, après avoir décrit le "populisme light" d'Emmanuel Macron :

Un populisme chic, avec un beau sourire, de beaux costumes, une belle histoire

Twitter, qui n'oublie rien, a ressorti plein de messages du maire de Tourcoing, parmi lesquels :

François Bayrou : Emmanuel Macron et sa proximité avec "le monde de l'argent"

Avant de proposer une alliance à Emmanuel Macron et de devenir mercredi son Garde des Sceaux, François Bayrou était persuadé que sa campagne ferait long feu. "Ca ne marchera pas. Derrière cet hologramme, il y a une tentative, qui a déjà été faite plusieurs fois, de très grands intérêts financiers et autres qui ne se contentent plus d'avoir le pouvoir économique, ils veulent avoir le pouvoir politique!", disait François Bayrou en septembre.

Le patron du MoDem a régulièrement épinglé Emmanuel Macron pour sa proximité supposée avec "le monde de l'argent", notamment en septembre sur France Inter

Je ne me reconnais pas dans ce qu'Emmanuel Macron incarne. Son projet de société est infiniment proche de celui de Nicolas Sarkozy en 2007

Nicolas Hulot : Emmanuel Macron "m'a déçu"

Même Nicolas Hulot, nouveau ministre d'Etat, appelait il y a quelques jours dans une tribune, à voter Macron au second tour certes, mais à ne pas lui donner "un chèque en blanc" et encore moins "une adhésion sans réserve à (son) projet". Pourquoi cette défiance de sa part ? Car, écrivait le pas encore ministre ministre de la transition écologique, Macron est le promoteur d'"un modèle qui semble préférer le libre-échange au juste échange, la croissance à la prospérité, l'écologie saupoudrée ici et là à l'écologie intégrale".

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.