Après une visite dans un Ehpad, le candidat à l’élection présidentielle Xavier Bertrand a donné son point de vue sur le manque d’effectif dans les établissements de santé. Culotté pour certains internautes, qui lui rappellent qu’il est passé au ministère de la Santé et participé à la suppression de lits à l’hôpital.

Xavier Bertrand, lors de sa victoire aux élections régionales le 27 juin 2021.
Xavier Bertrand, lors de sa victoire aux élections régionales le 27 juin 2021. © Maxppp / Fred Haslin

C’est une vidéo qui a fait réagir de nombreux soignants. Après une visite dans un Ehpad de Sorgues dans le Vaucluse, le candidat à l’élection présidentielle Xavier Bertrand se filme. Il paraphrase sa discussion avec les salariés de la maison de retraite. "'Le Segur a un peu augmenté notre revenu mais ce dont on a besoin, ce sont des bras, des personnels' m’ont-elles dit. (…) 'On gagne plus, on est content, mais pour faire ce métier jusqu’au bout, il ne faut plus avoir de montre dans la tête. On n’a pas assez de temps.'" Xavier Bertrand conclut : "C’est un secteur où il va falloir très, très vite recruter et offrir de vrais déroulements de carrière." Des propos qui sonnent comme un début de programme électoral.

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60 000 lits d'hôpitaux supprimés en 14 ans

Avant d’être président de la région Haute-de-France, Xavier Bertrand a été ministre de la Santé sous Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, entre juin 2005 et mars 2007 puis entre novembre 2010 et mai 2012, mais aussi secrétaire d’État à l’Assurance maladie. "Vous avez fait quoi pour sauver l'hôpital quand vous étiez ministre ?" interroge un internaute. Entre 2003 et 2017, 69 000 lits d’hospitalisations ont été supprimés d’après les chiffres du ministère de la Santé et de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees). Des syndicats évoquent la suppression de 46 500 lits lors du mandat de Nicolas Sarkozy entre 2007 et 2012.

"C’est un ministre qui ne refusait pas le débat" se souvient l'urgentiste Christophe Prudhomme, responsable CGT en Seine-Saint-Denis. 

Son avantage, c’est qu’il n’était ni médecin, ni pharmacien et traitait les questions de santé sans contrainte de corporatisme. Mais comme tous ses prédécesseurs et successeurs, la suppression des lits d’hôpitaux a continué. 

C’est le cas, selon Christophe Prudhomme, depuis Claude Evin, ministre PS de la Santé au début des années 90. 

Il a appliqué la tarification à l’activité

Xavier Bertrand est arrivé avenue de Ségur quelques mois après la mise en place de la tarification à l’activité, le T2A. Si l’hôpital recevait chaque année une dotation financière pour assurer son fonctionnement, à partir de 2004, l’hôpital est payé pour les actes qu’il réalise. L’une des conséquences a été de pousser les établissements à pratiquer les actes les mieux rémunérés, comme les opérations. "Les patients sont réduits à des valeurs financières" se désole Florian Vivrel, médecin urgentiste au CHU de Nantes. Xavier Bertrand a appliqué ce qui a été voté sous son prédécesseur Philippe Douste-Blazy. Pour le jeune syndicaliste, l’ancien ministre de la santé est "l’une de ces personnes qui a créé ce système, qui font des patients une ressources financière. La T2A, c’est de l’immédiateté, de la rentabilité immédiate pas du tout adapté à du soin de longue durée". 

Dans sa vidéo, Xavier Bertrand réclame plus de personnel et des recrutements. Florian Vivrel rétorque : "Oui il faut remettre du personnel. On ne demande que ça. Mais concrètement, vous allez faire comment ?"

Il se défend sur la pénurie de masque

Xavier Bertrand est aussi critiqué d’avoir participé au changement de doctrine ayant abouti à l’évaporation des stocks de masques quand il était ministre de la Santé. Il s’était expliqué devant la commission parlementaire sur la gestion de la crise sanitaire du Covid-19 en juillet 2020. 

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Sur France Inter, il avait répondu à un auditeur : "Quand j’ai quitté mes fonctions de ministre de la Santé en 2012, il y avait 1,4 milliard de masques en stock. Il n’y avait pas de pénurie. Quand j’ai eu à préparer le plan français contre les risques pandémiques, nous n’avons pas manqué d’un seul masque pendant la pandémie de grippe H1N1. Quand je fais des erreurs je sais les reconnaître : sur l’hôpital, quand j’ai été ministre de la Santé, non seulement je n’ai jamais voulu appliquer la règle de non remplacement d’une personne sur deux partant à la retraite, parce qu’on a besoin de soignants, et les budgets hospitaliers ont augmenté."

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Loi anti-tabac et dossier médical partagé

En janvier 2006, Libération peignait un portrait peu flatteur du ministre et relayait les propos de l’un de ses proches : "À chaque fois qu'il y a un dossier un peu chaud, il téléphone dans sa circonscription et demande l'avis au... pharmacien". Au ministère de la Santé, Xavier Bertrand a renforcé la loi anti-tabac. Depuis le 1er février 2007, il est interdit de fumer dans les lieux publics. D’abord au bureau dans les entreprises, puis dans les restaurants, les discothèques. Xavier Bertrand a également relancé le Dossier médical partagé, créé par Philippe Douste-Blazy en 2004. Ce carnet de santé numérique réunissait les ordonnances, les examens, les analyses sanguines, mais s’est révélé au fil des années être un échec. D'autres gouvernement ont tenté de le mettre en place, en vain. Au moins demi-milliard d’euros ont été dépensé pour l'installer. Dix millions de patients ont créé un DMP, mais ce sont surtout des comptes en inactivité et non utilisés, il sera remplacé en 2022 par Mon Espace Santé.