Après le premier tour des élections législatives, Les Républicains n'ont pas donné de consigne pour le second tour. Signe d'un parti tiraillé entre opposition et main tendue.

François Baroin, chef de file LR pour les législatives
François Baroin, chef de file LR pour les législatives © AFP / Patrick Kovarik

La situation s'annonce difficile pour l'alliance à droite des Républicains et de l'UDI : avec 15,77% des voix exprimées lors du premier tour des législatives dimanche soir, le parti peut attendre d'obtenir, selon les projections, entre 70 et 110 sièges au terme du second tour. Une dégringolade considérable, donc, le parti LR, allié à l'UDI et aux divers droite (DVD) disposant actuellement de 229 sièges à l'Assemblée nationale.

Volonté de pluralisme

Malgré ce faible score, et face à la déferlante attendue de La République En Marche, Les Républicains devraient être la première force d'opposition, loin devant le PS (20 à 30 sièges), la France Insoumise (8 à 18 sièges) et le FN (1 à 5 sièges). Pour le chef de file LR aux élections législatives, François Baroin, le second tour doit être l'occasion de renforcer cette opposition. "Si la coalition En Marche - MoDem vire en tête au premier tour, le second tour opposera quant à lui dans la plupart des circonscriptions un candidat de la droite et du centre à un candidat En Marche", a-t-il déclaré dimanche soir à l'issue des résultats.

Ce lundi matin, Jean-Pierre Raffarin a réaffirmé implicitement la nécessité d'appuyer la nouvelle majorité, tout en construisant une entité à part de la République en Marche : "Dimanche prochain, corrigeons un peu les choses pour plus de pluralisme, plus de parlementaires différents d'En Marche pour créer le débat, et puis une réflexion collective et constructive pour structurer politiquement une majorité qui doit être diverse mais qui doit aider le président à réussir", a-t-il déclaré sur RTL.

Contre le FN, ni-ni ou front républicain ?

Même son de cloche pour le candidat LR Thierry Solère, en ballottage très favorable à l'issue du premier tour dans la 9e circonscription des Hauts-de-Seine. "J'en ai assez de ce fonctionnement qui consiste à dire que parce que nous n'avons pas été dans le groupe majoritaire au démarrage, nous nous opposons".

Et pourtant, officiellement, le parti n'a pas donné de consigne de vote claire dans le cas de duels FN-LREM. Le secrétaire général de LR, Bernard Accoyer, a expliqué qu'il n'y avait pas "d'accord d'appareil" au sein du parti, et que les questions n'étaient pas tranchées entre la frange plutôt centriste du parti, et celle plus à droite. Conséquence, s'il y a des consignes de vote, elles seront données au cas par cas : "Ce qui compte pour nous, c'est de faire campagne, d'expliquer ce qu'est le programme d'En marche et juger dans chaque circonscription, en fonction de la situation du premier tour, si nous donnons une consigne de vote, s'il faut en donner une", a-t-il déclaré dimanche.

Vers deux groupes parlementaires ?

Se dirige-t-on donc vers la création de deux groupes LR à l'Assemblée nationale ? Dans les textes, c'est parfaitement possible : les députés de droite devraient être suffisamment nombreux pour créer un groupe prêt à coopérer avec la majorité et un autre à l'opposition plus marquée. C'est en tout cas une porte que Franck Riester, candidat LR à Coulommiers, n'a pas écartée : "Nous prendrons nos dispositions en fonction de l'état d'esprit de nos collègues".

Le député-maire sortant, contre qui La République en Marche n'a pas investi de candidat, a déclaré : "Nous sommes un certain nombre à estimer qu'on ne peut pas se mettre dans une opposition frontale, systématique, je dirais un peu dépassée, et que nous devons au contraire faire en sorte que nos idées soient le plus présentes dans les décisions et influencent le plus possible les décisions du gouvernement et de la majorité".

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