La piste privilégiée semble être celle de la Fondation des œuvres pour l’islam de France

Mosquée Saaba à Créteil
Mosquée Saaba à Créteil © CC Youssef Errami

Manuel Valls a appelé vendredi à une "nouvelle relation avec l'islam de France" après l'assassinat par deux djihadistes d'un prêtre dans une église de Saint-Étienne-du-Rouvray. Julien Dray, invité ce lundi matin de France Inter, évoque lui aussi un problème d’organisation de l’Islam de France,  de la formation par les imams et du financement des lieux de cultes. Une fondation devrait prendre le relais selon l'élu socialiste.

Un problème dont sont parfaitement conscients des intellectuels français musulmans qui ont signé dimanche une tribune dans le JDD.

Cette question du financement est au centre d'une rencontre entre le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et Anouar Kbibech, président du Conseil français du culte musulman (CFCM). On le voit, l'Etat cherche comment organiser le financement des cultes sans faire entorse à la laïcité.

"Je ne suis pas Napoléon", disait Jean Pierre Chevènement, quand il était ministre de l’intérieur à la fin des années 90. Allusion au concordat de Bonaparte, et plus précisément, à son intervention pour organiser le culte juif. En 1808, l’Empereur convoque des assemblées de notables et religieux dans toute la France, leur soumet un questionnaire sur la compatibilité de leur religion avec la République et impose finalement un Consistoire israélite.

C’est ce modèle de Consistoire que certains défendait et défendent à nouveau aujourd’hui pour les musulmans. Puisque le Conseil français du culte musulman, crée en 2003, avec son statut d'association loi 1901, peu représentatif et miné par les divisions, a montré ses limites.

A droite, Benoit Apparu ou Nathalie Kosciusko-Morizet, ou Julien Dray à gauche, par exemple, prônent un système de financement des lieux de culte et de la formation des Imams via une taxe sur la viande halal.

Une telle intervention de l’Etat, les défenseurs de la laïcité n’en veulent pas. Ce serait revenir au concordat, suspendre la loi de 1905 comme Nicolas Sarkozy l’avait envisagé à son époque, avant de faire marche arrière. L’idée aurait aussi traversée Bernard Cazeneuve, avant d’être abandonnée. "Pas de tentation neoconcordataire, ce serait une insulte à la laïcité", a d’ailleurs redit hier, dans le JDD, Manuel Valls.

La piste privilégiée, c’est donc la Fondation des œuvres pour l’islam de France. Créée en 2005 par Dominique de Villepin, reconnue d’utilité publique, mais n’ayant jamais fonctionné, là encore à cause des dissensions entre composantes de l’Islam de France. Elle pourrait recevoir des fonds publics ou privés, nationaux ou étrangers, un guichet unique, nettement plus transparent.

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