Selon nos confrères de France Télévisions, le Conseil des ministres annoncera officiellement les dates de la prochaine présidentielle la semaine prochaine : le premier tour aura lieu le 10 avril et le second tour le 24 avril 2022. Une décision entièrement liée au calendrier... Ou presque.

Le mandat actuel d'Emmanuel Macron doit s'achever au plus tard le 13 mai 2022
Le mandat actuel d'Emmanuel Macron doit s'achever au plus tard le 13 mai 2022 © AFP / Christophe ARCHAMBAULT

Ce sera très certainement officiel dans quelques jours : l'élection présidentielle aura lieu les 10 et 24 avril 2022. Plusieurs responsables de l'exécutif l'ont confirmé, et le choix est de toute façon très limité.

Selon l'article 7 de la Constitution, "l'élection du nouveau président a lieu 20 jours au moins et 35 jours au plus avant l'expiration des pouvoirs du président en exercice". Dans le cas d'Emmanuel Macron, qui a pris officiellement ses fonctions le 14 mai 2017, il faut que le mandat actuel s'achève le 13 mai 2022 au plus tard. En décomptant de 20 à 35 jours avant cette date, et en gardant en tête qu'une élection ne peut être organisée qu'un dimanche (selon le code électoral) seuls deux scénarios sont possibles.

Le Scénario A, a priori choisi par l'exécutif, serait d'organiser le premier tour le 10 avril 2022. Le second tour, qui a lieu obligatoirement quatorze jours plus tard, tomberait le 24 avril 2022.

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Le Scénario B, rejeté, serait d'organiser le premier tour le 17 avril 2022, et le second le 1er mai 2022. Pour l'exécutif, c'est impossible en raison des nombreux défilés syndicaux traditionnels ayant lieu ce jour-là, qui nécessitent une mobilisation policière importante.

Deux scénarios qui tombent toujours en pleines vacances scolaires

Pour l'opposition, notamment Marine Le Pen, les dates choisies par le gouvernement sont inadmissibles, puisqu'elles tombent en plein pendant les vacances scolaires de la zone B, pour le premier tour, et celles des trois zones, pour le second tour. "Vous croyez que c’est susceptible de mobiliser les électeurs, de  positionner un second tour de l’élection présidentielle au moment où la  France entière est en vacances ? Je pense qu’il faut changer ces dates, et qu’elles ont été choisies pour détourner les Français d’une élection  essentielle", estime la présidente du RN.

Le Scénario B (premier tour le 17 avril, deuxième le 1er mai) est-il plus acceptable pour autant ? Objectivement, il tombe lui aussi en pleine période de vacances scolaires (zones A et B pour le premier tour, zones A et C pour le second).

Pour rappel, en 2017, le premier tour de la présidentielle tombait pendant les vacances des zones A et B, mais le deuxième tour avait eu lieu en période scolaire.

Deux alternatives possibles (mais vraiment peu probables)

L'exécutif est-il pieds et poings liés par un calendrier impossible à tordre ? Pas totalement. Il existe deux possibilités pour contourner ce problème et être sûr qu'un maximum d'électeurs pourront se déplacer dans les isoloirs sans avoir à abandonner leurs vacances pour autant.

La première, ce serait tout simplement de décaler les vacances scolaires. Il est tout à fait possible pour le ministère de l'Éducation nationale de modifier ce calendrier (il l'a notamment fait l'année dernière à cause de la crise du Covid). Il faudrait, pour qu'aucun des deux tours du scénario A n'empiète sur ces vacances, les décaler de trois semaines pour chaque zone. Évidemment, cela pose le problème du temps d'école important entre ces vacances et les précédentes (il faudrait alors envisager un effet domino, en décalant aussi les vacances d'hiver). Complexe à mettre en place, et encore plus à expliquer aux enfants.

Il reste une dernière possibilité, encore plus improbable mais prévue par la Constitution (qui peut donc être taquine quand elle le veut) : le même article 7 prévoit qu'en cas de "vacance de la Présidence de la République pour quelque cause que ce soit", les règles d'organisation s'inversent. L'élection présidentielle doit être organisée "20 jours au moins et 35 jours au plus" après l'ouverture de la vacance.

Une vacance qui peut être provoquée volontairement, par la démission du président de la République (il est alors remplacé, le temps d'organiser un nouveau scrutin, par le président du Sénat).

En imaginant une démission anticipée, calculée pour prendre effet le plus tard possible mais avant les vacances scolaires, on obtient un Scénario C, avec un premier tour le 20 mars et le second le 3 avril 2022. Il faudrait pour cela qu'Emmanuel Macron démissionne le 28 février 2022, ce qui permettrait d'organiser un scrutin présidentiel en-dehors des vacances et de tout jour férié, favorisant la plus forte participation possible.