Dans un questionnaire de huit pages, adressé à ses adhérents, le Front national leur demande de se prononcer sur tous les sujets programmatiques – immigration, Europe, retraite... – mais sans la certitude que leur avis sera réellement pris en compte.

Un questionnaire de 8 pages est proposé aux adhérents
Un questionnaire de 8 pages est proposé aux adhérents © AFP / Serge TENANI / Citizenside

Il faut de l'huile dans les rouages du Front national ! Depuis la défaite de Marine Le Pen à l'élection présidentielle, et le départ fracassant de Florian Philippot, la machine tourne en grinçant, le parti cherche à se refonder. Pour se remettre sur les rails, le FN compte sur un questionnaire, présenté ce mardi par la direction du parti. 

 Sur 8 pages, le Front National demande à ses adhérents de se prononcer sur la ligne du parti
Sur 8 pages, le Front National demande à ses adhérents de se prononcer sur la ligne du parti © Radio France

Long de huit pages, il a été envoyé aux 80 000 adhérents avec pour objectif de savoir qui ils sont et ce qu'ils veulent. Le FN se mettrait-il donc à la démocratie participative ? C'est en tout cas la posture défendue avec vigueur par la direction, qui parle d'un "exercice de démocratie interne", "sans tabous". Les cadres frontistes estiment qu'ils font, eux, ce que la France insoumise et la République en marche ne font pas. 

Mais l'exercice ressemble pourtant fort à de la posture, car ils ont déjà leur petite idée sur ce que pensent les militants des repas de substitution, du service militaire, de la PMA ou encore de l'abandon ou non, du nom Front National. "Il y a toujours des surprises dans les consultations", veut croire le député du Nord Sébastien Chenu.

Parfois les militants et les adhérents sont plus rebelles, plus transgressifs. Peut-être que sur la question du nom du parti, il y aura un raz-de-marée de gens qui veulent en changer. On fait cette consultation pour créer la surprise.

Au-delà du questionnaire, le renouvellement des têtes

Des transgressions tolérées, mais pas sur tous les sujets : sur la sortie de l'Europe, par exemple, leur avis n'aura aucune incidence. "Il y a des sujet sur lesquels on peut évoluer, explique Julien Sanchez, l'un des porte-parole du FN. Mais sur les thèmes essentiels et majeurs, qui fondent l'identité du mouvement, il appartient à la présidente de définir sa ligne, et ensuite les adhérents suivent ou ne suivent pas."

Cette consultation n'est donc pas une révolution démocratique, même s'il est vrai que c'est la première depuis la création du parti, mais c'est surtout une tentative de montrer que le FN va bel et bien changer : ce n'est pas un hasard si le parti a également présenté ce mardi ses nouveaux ambassadeurs. Ils sont 17 ou 18, issus des 95 fédérations, élus et non élus : de nouveaux visages, connus localement, mais inconnus du grand public, comme par exemple Aurélien Legrand, un ancien du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), aujourd'hui secrétaire départemental frontiste de la fédération de Paris, ou Edwige Diaz, conseillère régionale de la région Nouvelle-Aquitaine. Ils vont devoir parcourir la France et aller à la rencontre des militants : la refondation du parti passe aussi par le renouvellement des têtes.

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