Le mouvement Place publique, emmené par l'essayiste Raphaël Glucksmann, lance ce mardi soir sa campagne pour les européennes. Alors que le PS, EELV, Génération.s et le PCF menacent de partir chacun de leur côté dans la bataille, il appelle à l'union de la gauche pour "mener le combat contre les nationalistes"

Raphaël Glucksmann (au centre) lancera ce mardi soir la campagne de son mouvement, Place publique, pour les élections européennes
Raphaël Glucksmann (au centre) lancera ce mardi soir la campagne de son mouvement, Place publique, pour les élections européennes © Maxppp / Christophe Petit Tesson

"L'Europe est menacée de dislocation par les Salvini, par les Orban, par le triomphe des nationalismes" : c'est en posant ce constat alarmiste que Raphaël Glucksmann, fondateur du mouvement Place publique, espère arriver à convaincre les partis de gauche de s'unir, pour partir ensemble aux élections européennes de mai prochain.

"Le combat à mener n'est pas celui des Verts contre Génération.s, de Génération.s contre les Verts ou contre le Parti Socialiste. Le combat à mener, c'est celui contre les nationalistes", poursuit-il.

Pour lui, la base n'est pas en phase avec les dirigeants des partis : "Il y a trois jours, j'étais à Annecy, puis à Metz. Pour participer à nos réunions, il y avait des militants écologistes, des militants socialistes et des militants de Génération.s réunis. Ils ne comprennent pas ce qui se passe à Paris. Selon un sondage de l'IFOP une écrasante majorité des sympathisants écologistes, socialistes ou de Génération.s sont pour l'union. Je ne crois pas qu'on puisse résister à ce point à l'envie des électeurs".

"Si on pose d'abord la question des têtes de listes et des places sur la liste, on n'y arrivera jamais"

Raphaël Glucksmann estime que c'est parce que les élections européennes ne sont pas encore au centre des préoccupations des Français que les logiques d'appareil peuvent triompher. "Si on pose d'abord la question des têtes de listes et des places sur la liste, on n'y arrivera jamais. Depuis le début, nous avons une règle d'or : à chaque fois que les discussions partent sur des questions de stratégie ou de listes, on arrête la discussion, et on repart sur les idées. Et à ce moment-là, on se rend compte que sur la transformation écologique, sur la fiscalité, sur la démocratisation des institutions européennes, il y a des points communs évidents."

C'est sur ces points forts qu'il faut que la gauche bâtisse son projet selon lui : "L'alternative, c'est d'offrir à Emmanuel Macron sur un plateau d'argent le fait d'être un rempart contre le Front National [Rassemblement National ndlr]. C'est limiter le débat au face-à-face entre les nationalistes et les libéraux. Cela veut dire qu'à terme les nationalistes gagneront, et que la gauche disparaîtra. Le problème de la gauche française et des écologistes, c'est qu'il y a de moins en moins de monde dans leurs épiceries, mais ils conservent tout de même les videurs à l'entrée. On est dans une logique suicidaire".

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