[scald=102513:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Rama Yade, ancienne secrétaire d'Etat chargée des Affaires étrangères, puis des Sports, annonce samedi qu'elle ne votera pas la motion de soutien du Parti radical à Nicolas Sarkozy pour la présidentielle.

Elle explique dans Le Monde qu'elle ne soutient pas le chef de l'Etat "dans sa stratégie de droitisation qui ne fera pas reculer le FN" et qu'elle ne se rendra pas à son grand meeting dimanche à Villepinte, près de Paris.

En revanche, le Parti radical, qu'elle a rejoint il y a quelques mois, devrait décider dans la journée de samedi de se rallier à la candidature du chef de l'Etat, la motion proposant un soutien officiel à Nicolas Sarkozy semblant majoritaire.

Son président, Jean-Louis Borloo, qui a déclaré dès vendredi qu'il appuierait Nicolas Sarkozy, annoncera dans la soirée s'il se rendra ou non à Villepinte.

Selon BFM-TV, l'ancien ministre aurait d'ores et déjà annoncé à la direction du parti qu'il n'irait pas à Villepinte, ce que son entourage n'a pas confirmé.

L'ancien ministre de l'Ecologie, qui a un temps caressé le projet de se présenter à cette élection avant d'y renoncer, avait déjà apporté son soutien à Nicolas Sarkozy en 2007.

Jean-Louis Borloo a pris ses distances avec le parti présidentiel après avoir été déçu dans ses espoirs de remplacer François Fillon au poste de Premier ministre lors du remaniement gouvernemental de novembre 2010. Longtemps associé à l'UMP, le Parti radical a pris son autonomie le 14 mai 2011.

Trois courants sont en présence : les partisans d'un soutien à Nicolas Sarkozy, emmenés par le secrétaire général du parti, Laurent Hénart; les partisans d'un soutien au président et candidat du MoDem François Bayrou, dont la motion n'a cependant pas été jugée recevable parce que déposée hors délais, et ceux d'une position de neutralité.

Rama Yade a souligné qu'elle ne signerait pas la motion pro-Sarkozy bien qu'elle ait soutenu ses propositions sur l'éducation.

"Jean-Louis Borloo nous a demandé de nous prononcer en notre âme et conscience. En femme libre que j'ai toujours été, avec la sincérité dont j'ai toujours fait preuve, je ferai ce que je crois bien. Ce n'est pas parce que Jean-Louis Borloo n'est pas candidat qu'il me faut en choisir un autre. Je veux être totalement convaincue avant de me décider", dit-elle dans Le Monde.

Elle met en cause la "droitisation" de la campagne de Nicolas Sarkozy.

"La France forte, c'est bien. Mais il faut aussi qu'elle soit juste ! En 2007, Nicolas Sarkozy dictait le tempo, imposait les débats. Aujourd'hui, nous avons le sentiment, nous, les républicains, d'avoir le pistolet du FN sur la tempe. Et, à intervalles réguliers, on nous dit tout et son contraire", dit-elle.

Gérard Bon, édité par Henri-Pierre André

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