François Rebsamen
François Rebsamen © CC Philippe Grangeaud - Solfé Communications

Après le décès du maire de Dijon Alain Millot, François Rebsamen a repris lundi la tête de la ville qu'il dirigeait depuis 2001. Il avait quitté son mandat pour devenir ministre du Travail en 2014.

A Dijon, Alain Millot était le premier adjoint et le bras droit de François Rebsamen. Alors que ce dernier est appelé au gouvernement en avril 2014, Alain Millot est assez naturellement désigné pour prendre sa place et diriger à la fois la ville et l'agglomération. Il est décédé le 27 juillet dernier.

François Rebsamen a alors annoncé qu'il voulait à nouveau remplir son mandat de maire, n'étant d'ailleurs pas un fervent défenseur du non-cumul des mandats. Mais l'Elysée et Matignon ont été clair : c'est l'engagement numéro trois de la charte signée par les ministres et reprendre son mandat de maire est "incompatible avec une activité ministérielle", lui ont répondu François Hollande et Manuel Valls. Le Dijonnais de toujours a donc fait son choix : il retourne en Bourgogne.

Lors de la réunion du Conseil municipal, lundi à 14H00, François Rebsamen a été élu maire par le conseil municipal extraordinaire. Dans l'après-midi il a également été élu à la présidence du Gand Dijon avec 70% des suffrage, un poste occupé lui aussi pendant 16 mois par Alain Millot.

Son départ du gouvernement devrait avoir lieu tout début septembre

Le ministre du Travail prévoit de remettre sa démission du gouvernement au président de la République" le 19 août à la fin du prochain Conseil des ministres", a-t-il indiqué au Parisien. Mais son départ du Gouvernement ne devrait intervenir que "mercredi 9"a précisél'intéressé au JDD. Le délai serait du à a volonté de l'Elysée de ne pas procéder à un remaniement en plein été. Ce ne sera bientôt plus à lui de commenter les chiffres du chômage, ce qui n'est pas forcément pour lui déplaire, car entre Paris et Dijon - entre son ministère et sa ville - François Rebsamen semble ne pas avoir hésité longtemps.

L'analyse de Carine Bécard

200.000 chômeurs supplémentaire

En tant que ministre du Travail, même s'il laisse une loi à son nom, la loi sur le dialogue social, François Rebsamen aura trainé pendant ses 16 mois au gouvernement le boulet du chômage qui n'a fait qu'augmenter pendant tout ce temps, et ne laissera pas le souvenir d'un ministre passionné par son portefeuille.

Manuel Ruffez

Pour Jean-Claude Mailly, l'important maintenant c'est qui va remplacer Rebsamen : si le nouveau ministre "saura faire un peu de résistance face à une ligne économique libérale". Le patron de Force ouvrière apprécierait quelqu'un comme Jean-Marc Germain "car il serait capable de résister", même si le syndicaliste le reconnait, quand on est au gouvernement on en suit la ligne.

Jean-Claude Mailly

"Le plus beau des mandats"

Elu maire de Dijon en 2001, le socialiste met en place une politique de sécurité (vidéoprotection, conseils locaux de sécurité...) et met en place un tramway qui relie notamment le centre-ville à l'université, jusqu'ici excentrée. Pour attirer davantage les jeunes dans le cœur de ville, il autorise également davantage d'installations nocturnes de bars et restaurants en terrasse. Ces changements lui ont permis d'être réélu en obtenant près de 53% des voix en 2014.

Mais aujourd'hui le retour de François Rebsamen ne semble pas soulever un grand enthousiasme.

A Dijon, le reportage de Romain Roux

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.