Les Calédoniens se sont massivement prononcés contre l'indépendance de l'archipel ce dimanche, lors d'un référendum à la participation record. Les résultats officiels donnent le "non" en tête à 56,4 %, un score plus serré que ce que prévoyaient les instituts de sondages, lié à la forte mobilisation du corps électoral.

La Nouvelle-Calédonie a enregistré un taux de participation record pour ce référendum pour se prononcer sur l'indépendance de l'archipel ou son maintien en France
La Nouvelle-Calédonie a enregistré un taux de participation record pour ce référendum pour se prononcer sur l'indépendance de l'archipel ou son maintien en France © AFP / Theo Rouby

Le non à l'indépendance l'a emporté dimanche en Nouvelle-Calédonie avec 56,4 % des suffrages exprimés en faveur du maintien de l'archipel en France contre 43,6 % pour le "oui", selon les résultats définitifs indiqués par le Haut-Commissariat.

Vers 10h30, heure de Paris, la chaîne Nouvelle-Calédonie 1ère dévoilait les premiers résultats partiels. Sur un peu moins de 50 000 bulletins de votes dépouillés, soit environ un tiers, le non l'emportait largement (63,1 %). Des résultats qui se sont resserrés ensuite, avec un résultat de 56,8 % pour le "non" sur 90 % des bulletins de vote dépouillés. Les sondages prédisaient une large victoire du non, dans une fourchette de 63 à 75 %.

Participation record

Ce référendum historique a largement mobilisé les électeurs, avec un taux de participation total de 80,63 % du corps électoral restreint qui a été mis en place pour l'occasion, afin de respecter les accords entre Nouméa et Paris.

À Nouméa, capitale du "Caillou", ce petit territoire stratégique du Pacifique, certains bureaux de vote ont fermé plus tardivement en raison de l'affluence, des files d'attentes obligeant à prolonger le vote une heure encore.

Près de 175 000 électeurs de cet archipel français, colonisé en 1853 et disposant d'importantes réserves de nickel, étaient appelés à dire s'ils veulent ou non "que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante"

De nombreuses procurations faites par des Calédoniens de métropole ne sont pas arrivées à temps, a déploré Sonia Lagarde maire de Nouméa, confrontée à d'incessantes réclamations à ce sujet toute la journée.

Emmanuel Macron dit sa "fierté"

Cette consultation, prévue par l'accord de Nouméa signé en 1998, est destinée à poursuivre le travail de réconciliation entre Kanak, peuple autochtone du territoire, et Caldoches, population d'origine européenne, entamé avec les accords de Paris de 1988. Ces derniers avaient été signés après les violences des années 1980 qui avaient culminé avec la prise d'otages et l'assaut de la grotte d'Ouvéa en mai 1988, faisant au total 25 morts. Pour rendre ce scrutin incontestable, 250 délégués dépêchés par l'État et des experts de l'ONU étaient présents dans les bureaux.

Le référendum est attentivement surveillé par Paris, à 18 000 km de là. Depuis l'Élysée, Emmanuel Macron a salué dans une allocution télévisée diffusée à 13h ce dimanche (23h, heure locale), le bon déroulement du scrutin. Faisant par de sa "fierté pour le chef de l'État que la majorité des Calédoniens aient choisi la France", le président de la République a également dit mesurer la déception des indépendantistes et les a assurés de l'engagement de l'État pour que l'archipel ne soit pas mis à l'écart des valeurs de la France.

La question sensible désormais sera de décider de la tenue ou non des deux autres référendums prévus par les accords de Nouméa, et que les partisans du "non" souhaiteraient annuler. Ce point sera discuté dès ce lundi, avec le déplacement sur place du Premier ministre Édouard Philippe. Le gouvernement va proposer aux forces politiques de Nouvelle-Calédonie de se réunir dans les prochains mois pour discuter de l'avenir du territoire.

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