François Sauvadet, président UDI de la Côte-d'Or, n'est toujours pas convaincu par la réforme des 80 km/h même si le Premier ministre vient de présenter les bons chiffres de la sécurité routière pour 2018.

Panneau à 80 km/h sur une route de la Drôme, juillet 2018.
Panneau à 80 km/h sur une route de la Drôme, juillet 2018. © Radio France / Victor Vasseur

Edouard Philippe présentera les chiffres de la mortalité routière à chaque président de conseil départemental, qui "pourra réagir et faire part de ses propositions" sur ce sujet, qu'en pensez vous ?

François Sauvadet : "Sur le nombre de morts par département, moi je n'attends pas le mois de février ! Je connais les chiffres depuis fin décembre. Je sais combien de morts il y a eu dans mon département sur les routes départementales. Je suis responsable chaque fois qu'il y a un accident ! Donc franchement, il nous prend pour des zozos ou quoi ! En revanche s'il nous consulte, très bien, ce sera une bonne nouvelle. Moi je suis prêt dès lundi matin à travailler avec les services de l'Etat pour dire quelles sont les zones qui doivent rester à 80, et quelles sont celles qui doivent repasser à 90 km/h. Parce que pour le moment, c'est incompréhensible ce qu'il a décidé depuis Paris."

Vous êtes donc pour le cas par cas ?

F.S. : "Oui car pour l'instant ça n'a aucun sens. Entre Dijon et Beaune, dans mon département, il y a 42 changements de vitesse sur 36 kilomètres ! Donc oui, limitons la vitesse pour des raisons de sécurité routière partout où c'est nécessaire. Et non, ne la limitons pas de façon arbitraire depuis Paris. Parce que ça, c'est perçu comme un coup dans le dos de ceux qui ont besoin de la voiture. On n'est pas des irresponsables ! La responsabilité, on sait ce que c'est, mais il faut que le gouvernement travaille avec nous."

Vous mettez aussi en garde le Premier ministre à propos des chiffres de la sécurité routière ?

F. S. : "Les chiffres sont bons et c'est une bonne nouvelle pour la France. Mais je l'invite à la prudence. Moi ce que j'observe, c'est que j'ai eu 15 morts en 2018. 15 de trop. 4 dans la période où on était encore à 90 km/h, le reste pendant la période à 80. Il n'y a pas que les 80 qui font les morts et pas les morts. J'invite à la prudence sur l'examen des chiffres, il y a une diversité de situations." 

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