Prise en tenaille entre le gouvernement et les syndicats, la droite est parvenue à imposer un débat sur les retraites au Parlement. Les LR, favorables à l'allongement de la durée de cotisation et à la suppression des régimes spéciaux, veulent montrer que cette réforme n'est pas universelle.

Bruno Retailleau, à la sortie de l'Élysée, le 5 février 2019.
Bruno Retailleau, à la sortie de l'Élysée, le 5 février 2019. © AFP / Ludovic Marin

Alors qu'elle n'a pas encore été présentée en conseil des ministres, la réforme des retraites arrive déjà en débat au Parlement ce mardi 7 janvier. La droite a réussi à convoquer deux débats sans vote, le premier au Sénat à partir de 14h30, le second à l'Assemblée nationale à partir de 21 heures. 

Les Républicains veulent faire entendre leur voix dans un débat largement animé par la gauche. Ils avaient présenté un contre-projet avant Noël et veulent maintenant accentuer la pression sur l’exécutif, tandis qu'une nouvelle réunion avec les organisations syndicales et patronales est programmée ce même jour. 

Remettre en cause l'universalité du système

Ces deux débats au Parlement visent à mettre en difficulté le gouvernement et tenter de piéger le nouveau secrétaire d'État chargé des retraites, Laurent Pietraszewski. "On veut mettre le gouvernement devant ses contradictions, devant ses ambiguïtés et devant ses atermoiements. On veut lui poser des questions claires, ciblées, concrètes pour tous les Français", explique Damien Abad, le patron du groupe LR, à la manœuvre à l'Assemblée. 

Si la droite veut exister dans cette séquence, elle doit prouver que cette réforme n’en est pas une. Dans les faits, les Républicains sont favorables à l’allongement de la durée de cotisation et à la suppression des régimes spéciaux. "Le futur système n'aura d'universel que le nom. Il va se transformer en archipel de régimes particuliers pour les cheminots, les pilotes, les hôtesses de l'air, etc.", dénonce Bruno Retailleau, le chef de file des sénateurs LR.

Ni macroniste, ni extrémiste

La droite réclame le retrait de cette réforme, sans soutenir les grévistes. Cette position d’équilibriste est assumée par le secrétaire général du parti. "Ne me demandez pas de choisir entre un camp et un autre, explique Aurélien Pradié, on a le droit d'être ni des excités contre la réforme, ni des béats contre une réforme qui casserait tout. On a le droit d'avoir une autre pensée, et c'est toute l'ambition de la droite républicaine". 

Transparente lors du mouvement des "gilets jaunes", la droite espère gagner des points en formulant des propositions. Ce sera le cas mercredi, au sujet de la prise en compte de la pénibilité.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.