Le premier ministre a assuré, mardi matin, n'être "fermé sur aucune modalité" au sujet de l'âge pivot, principal point de blocage de la réforme des retraites pour les organisations syndicales réformistes. "Si syndicats et patronats s'entendent sur un meilleur système, je le prendrai", a précisé Édouard Philippe.

Édouard Philippe, le 19 décembre 2019, après une réunion de négociation sur la réforme des retraites à l'hôtel de Matignon, siège du premier ministre à Paris.
Édouard Philippe, le 19 décembre 2019, après une réunion de négociation sur la réforme des retraites à l'hôtel de Matignon, siège du premier ministre à Paris. © AFP / Martin Bureau

"Pour trouver un compromis, il faut que chacun bouge un peu", a lancé Édouard Philippe, mardi matin. Invité de nos confrères de RTL, le premier ministre a assuré être "prêt à discuter sur beaucoup de sujets", à quelques heures d'une nouvelle réunion de négociations sur la réforme des retraites avec les organisations syndicales et patronales. Il s'agit de la première réunion de l'année 2020, après plus d'un mois de grève et de mobilisation, notamment très forte dans les transports parisiens et à la SNCF. 

Âge pivot : "Si les organisations syndicales s'entendent pour un meilleur système, je le prendrai" 

Concernant l'âge pivot, principale ligne rouge pour les organisations syndicales réformistes, Édouard Philippe a expliqué n'être "fermé sur aucune modalité" mais vouloir une réforme "de justice sociale, pas irresponsable". 

"Si les organisations syndicales s'entendent pour un meilleur système, je le prendrai", a assuré le premier ministre tout en restant très ferme sur la question de l'équilibre des retraites. "Je pense qu'il est de ma responsabilité de veiller à ce que le système futur soit équilibré et je ne démords pas de cela", a-t-il encore ajouté. 

En réaction, le leader de la CGT, Philippe Martinez a jugé que, selon lui, "le compromis" était "d'améliorer le système actuel", mardi matin sur France Inter. "On parle de régime universel mais il y a de plus en plus d’exceptions. Comme quoi, les régimes particuliers ou spécifiques, ce n'est pas un problème", a-t-il observé le leader syndical, répondant au premier ministre qui s'était exprimé plus tôt sur RTL.

Conférence sur le financement du système : "Une bonne idée"

En réponse à la proposition de Laurent Berger, leader de la CFDT, qui réclame la tenue d'une conférence sur le financement du système, Édouard Philippe juge qu'il s'agit d'une "bonne idée" ; "Tout à l'heure, je rencontre les organisations syndicales et patronales, je leur proposerai que l'on se voit le plus rapidement possible, je suis prêt à discuter", a-t-il poursuivi, assurant qu'il ferait des propositions  pour "donner un contenu, un calendrier et un mandat à cette conférence".

Raffineries : "J'ai demandé aux préfets de mobiliser les forces de l'ordre"

Au sujet des blocages des dépôts pétroliers, le premier ministre a assuré à RTL avoir "demandé aux préfet de mobiliser les forces de l'ordre, pour faire en sorte qu'il n'y ait pas de blocages des dépôts", jugeant que le droit de grève était légal et constitutionnel au contraire du blocage, illégal, selon le premier ministre. "Nous veillons à ce qu'il n'y ait pas de difficultés d'approvisionnement", a-t-il indiqué, alors que la CGT de la chimie a appelé à bloquer raffineries et dépôts de carburants de mardi à vendredi. 

Par ailleurs, concernant la grève dans les transports, Édouard Philippe a expliqué avoir "demandé à la SNCF et à la RATP d'accroître leur contrôle sur les agents qui se placent" en arrêt-maladie pour éviter de se déclarer en grève. 

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