La CFDT entre dans la danse. Hier, avec la CFTC, le syndicat réformiste a annoncé qu’il participerait à la manifestation de mardi prochain. L'organisation de Laurent Berger, censée être l'un des seuls alliés de l’exécutif mais opposée à l'âge pivot passe donc dans le camp adverse. L'Élysée assume cette décision.

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, lors d'un rendez-vous avec Emmanuel Macron à l'Elysée en mai 2017.
Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, lors d'un rendez-vous avec Emmanuel Macron à l'Elysée en mai 2017. © AFP / Stéphane de Sakutin

0h30 dans la nuit de mardi à mercredi. Dans le salon des ambassadeurs, traditionnellement dévolu au conseil des ministres, à l’issue de l’ultime réunion de calage à l'Élysée, les participants s’apprêtent à partir après près de quatre heures de réunion. L’un d’eux lance à la volée : "Donc on acte qu’on va perdre la CFDT". 

Quasi unanimement, ministres, parlementaires, exécutif acquiescent. "Une partie de notre électorat nous attend sur l’équilibre budgétaire" lance un des invités. 

"Il faudrait peut-être prévenir Berger"

Un autre renchérit : "Il faudrait peut-être prévenir Berger". Mais personne ne passera de coup de téléphone, croit savoir un intime d’Emmanuel Macron. Le chef de l'État a fait un choix assumé de se passer des syndicats réformistes et de passer en force avec cet âge pivot ou bonus-malus. "La ligne rouge a été franchie", lancera plus tard Laurent Berger, dont le syndicat s'était jusque-là tenu à l'écart du mouvement.

Le conseiller d’Emmanuel Macron, Philippe Grangeon, raconte un témoin, "n’en menait pas large". Lui, l’ancien collaborateur de Nicole Notat dans les années 90 à la CFDT.

Au sommet de l'État, on considère que Berger commet une erreur en refusant toute discussion sur les mesures d’âge. "Une décision contraire à l’ADN de son organisation", glisse l’entourage du président. "La CFDT, s’ils manifestent, mais j’en doute, poursuit un ténor de la majorité, sera de toute manière inaudible s’ils rallient CGT et FO dans les cortèges". L’exécutif fait ce pari : seul contre tous

La CFDT appelle à manifester mardi

De son coté, le secrétaire général de la CFDT a estimé jeudi sur BFMTV qu'il fallait "retrouver le chemin du dialogue", suggérant au gouvernement de réunir les syndicats favorables à un régime universel de retraite, qui ont tous basculé mercredi dans le camp des opposants suite aux annonces du Premier ministre.  "Je suis prêt à discuter, évidemment qu'on veut discuter', a-t-il lancé.

Favorable au principe d'un régime universel de retraite, la CFDT est vent debout contre l'instauration d'un âge d'équilibre à 64 ans et veut que le gouvernement retire cette mesure. Après les annonces d'Édouard Philippe mercredi, la CFDT a appelé à manifester le 17 décembre, date de mobilisation choisie par l'intersyndicale CGT, FO, Solidaires, FSU et organisations de jeunesse, pour une grande manifestation.

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