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Le quotidien le Monde révèle dans son édition de mardi après-midi que le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a écrit à François Hollande tout le mal qu'il pensait de la réforme pénale, telle que Christiane Taubira la conçoit.

Cette note du 25 juillet relève que la quasi-totalité des dispositions prévues par la Garde des Sceaux fait l'objet de discussion, voire d'opposition, de la part du ministère de l'Intérieur.

Les désaccords entre les ministres de l'Intérieur et de la Justice, présents dès le départ, ont éclaté donc au grand jour.

Manuel Valls s'oppose à la suppression des peines plancher, à la sortie automatique de prison au bout des 2/3 de la peine et assure ne pouvoir partager le "postulat" que "la surpopulation carcérale s'expliquerait exclusivement par le recours par défaut à l'emprisonnement et par l'effet des peines planchers".

La quasi-totalité des dispositions de ce texte a fait l'objet de discussion, voire d'oppositions du ministère de l'Intérieur.

Il y a deux politiques sécuritaires au gouvernement

Les précisions de Corinne Audouin

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Manuel Valls demande explicitement à l'Elysée de trancher :

Je souhaite à ce stade que nous définissions collectivement les principes directeurs de cette réforme.

Manuel Valls a lancé les hostilités sans prévenir Christiane Taubira. Réponse de la ministre :

Je ne peux que m'étonner qu'un tel document ne m'ait pas été communiqué d'autant qu'il comporte des propositions de réforme du droit de la peine, domaine qui ne ressort d'aucun façon aux compétences du ministre de l'Intérieur.

La charge de Manuel Valls est particulièrement épicée :

Ce projet de loi repose sur un socle de légitimité fragile, la conférence de consensus [...] La somme des connaissances accumulées ne reflète pas tous les courants de pensée.

A moins d'un an des élections municipales, le ministre de l'Intérieur souligne à quel point cette réforme est "politiquement sensible".Manuel Valls se permet enfin de donner quelques recommandations à Christiane Taubira. Il estime qu'elle serait bien avisée de suivre sa politique, c'est-à-dire faire des "réformes de structures".

Sortir cette réforme serait un suicide politique pour le Président

Pour le syndicat Synergie, le ministre de l'Intérieur aurait du s'opposer bien avant à la réforme Taubira.

Patrice Ribeiro, secrétaire général de Synergie-officiers

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Il y a un vrai problème de méthode et de fond

Christophe Regnard, le président de l'Union syndicale des magistrats a lui aussi des inquiétudes sur ce projet de loi

Pour Matignon, la polémique Valls-Taubira est "une phase normale d'échanges préalables aux arbitrages"

"Qu'il y ait des divergences d'appréciation entre les ministres de la Justice et de l'Intérieur, cela n'est pas anormal. Le processus de préparation de la loi pénale est en cours et se poursuit", déclarent maintenant les services du Premier ministre. Ils précisent que Jean-Marc Ayrault a "eu Manuel Valls au téléphone et aura la garde de Sceaux en ligne cet après-midi".

La droite appelle Hollande à choisir entre les deux ministres

Pour Éric Ciotti, un proche de François Fillon, le Président doit choisir entre l'un des deux ministres et l'autre doit quitter le gouvernement. Le député UMP a évidemment une préférence pour Manuel Valls, son camp taxant sans cesse Christiane Taubira de "laxiste".

Eric Ciotti répond à Benjamin Illy

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