Dans toutes les régions de l'Hexagone, il y aura bien un second tour, aucune liste n'ayant emporté plus de 50 % des suffrages au premier tour. Mais le nombre de listes sera bien plus limité, et le résultat dépendra souvent des fusions ou non de certaines.

Un électeur dans un bureau de vote de Paris le 20 juin 2021
Un électeur dans un bureau de vote de Paris le 20 juin 2021 © AFP / Delphine Lefebvre / Hans Lucas

La règle est simple : toutes les listes ayant obtenu plus de 10 % des votes au premier tour peuvent se maintenir au second, et toutes les listes ayant obtenu plus de 5 % peuvent fusionner (soit pour devenir une nouvelle liste représentant plus de 10 % des suffrages, soit pour rejoindre une liste déjà qualifiée). Au second tour, le seuil pour obtenir une "prime de majorité" (25 % des sièges au conseil régional, en plus du nombre de sièges correspondant à leur score) passe de 50 % à un tiers des suffrages.

Compte tenu de ces données, quelles listes sont qualifiées d'office dans chaque région, et lesquelles peuvent fusionner ? Voici le détail dans chaque région.

Paca : 3 listes qualifiées

En tête, la liste RN de Thierry Mariani ne pourra toutefois pas compter sur une fusion avec d'autres listes pour augmenter son score, contrairement à celle de Renaud Muselier qui pourrait bénéficier d'un (toujours incertain) "front républicain". La liste de Jean-Laurent Felizia (EELV-PS-PCF) peut se maintenir (avec 15,9 % des voix), fusionner avec une autre liste, ou se retirer. La liste de Jean-Marc Governatori, elle, ne peut qu'envisager une fusion.

Hauts-de-France : 3 listes qualifiées

Largement en tête, Xavier Bertrand (LR) ne parvient toutefois pas à remporter l'élection dès le premier tour. Sébastien Chenu (RN) et Karima Delli (EELV) peuvent se maintenir au second tour s'ils le souhaitent, et le secrétaire d'État Laurent Pietraszewski (LREM) ne peut que fusionner ou se retirer.

Ile-de-France : 6 listes qualifiées

Valérie Pécresse (LR) peut se retrouver face à cinq autres listes au maximum pour ce second tour, d'autant qu'avec son score du premier elle peut déjà prétendre à la "prime de majorité". Jordan Bardella, Julien Bayou, Laurent Saint-Martin, Audrey Pulvar et Clémentine Autain peuvent se maintenir ou fusionner (par exemple dans une liste de gauche qui pourrait rassembler 35,1 % des suffrages du premier tour).

Grand-Est : 4 listes qualifiées

Encore une région où le président sortant, Jean Rottner, a une avance, plus modeste que d'autres sortants certes. Laurent Jacobelli, Eliane Romani et Brigitte Klinkert ont le droit de se maintenir, Aurélie Filippetti et Florian Philippot peuvent fusionner avec d'autres listes ou se retirer.

Auvergne-Rhône-Alpes : 4 listes qualifiées

Derrière Laurent Wauquiez et ses 42,7 %, trois listes peuvent se maintenir au second tour : celles de Fabienne Grebet, Andréa Kotarac et Najat Vallaud-Belkacem. Bruno Bonnell et Cécile Cukierman ont eux le droit de se retirer ou de fusionner avec une autre liste.

Pays-de-la-Loire : 5 listes qualifiées

Christelle Morançais, présidente sortante, est en avance au premier tour, mais quatre autres listes peuvent se maintenir face à elle (ou fusionner) : celles de Mathieu Orphelin, Guillaume Garot, Hervé Juvin et François de Rugy.

Bourgogne-Franche-Comté : 4 listes qualifiées

Score très serré au premier tour entre la présidente sortante Marie-Guite Dufay, Julien Odoul, et Gilles Platret. Denis Thuriot peut lui aussi se maintenir au second tour s'il le souhaite, quand Stéphanie Modde n'a d'autre choix que le retrait ou la fusion avec une autre liste.

Normandie : 4 listes qualifiées

Avec une certaine marge, Hervé Morin se maintient logiquement au second tour, tout comme Nicolas Bay. Reste à savoir si Mélanie Boulanger et Laurent Bonnaterre se maintiendront ou préféreront fusionner ou se retirer. Sébastien Jumel peut également décider de fusionner avec une autre liste, mais sera absent du second tour.

Centre-Val-de-Loire : 5 listes qualifiées

Le président sortant François Bonneau bénéficie d'une petite avance avec un peu plus d'un quart des voix. Quatre autres listes peuvent se maintenir : celles d'Aleksandar Nikolic, Nicolas Forissier, Marc Fesneau et Charles Fournier. Aucune autre liste n'a dépassé les 5 % nécessaires pour proposer une fusion.

Nouvelle-Aquitaine : 5 listes qualifiées

Là encore, c'est la prime au sortant qui a permis à Alain Rousset de se maintenir à un haut niveau devant la candidate du RN Edwige Diaz. Trois autres listes peuvent décider ou non de se maintenir : celles de Geneviève Darrieusecq, Nicolas Thierry, Nicolas Florian. Eddie Puyjalon et Clémentine Guetté font plus de 5 % et peuvent donc proposer de fusionner avec une des listes ou se retirer.

Occitanie : 3 listes qualifiées

La sortant Carole Delga est largement en tête, face à Jean-Paul Garraud et Aurélien Pradié qui peuvent tous deux se présenter au second tour. Trois listes peuvent proposer une fusion : celles d'Antoine Maurice, Vincent Terrail-Novès et Myriam Martin.

Bretagne : 5 listes qualifiées

Lui aussi président de région sortant, Loïg Chesnais-Girard pourra faire face à quatre candidats au maximum au second tour : Thierry Burlot, Isabelle Le Callennec, Claire Desmares-Moirrier et Gilles Pennelle. Entre 5 et 10 %, Daniel Cueff et Pierre-Yves Cadalen ne peuvent que se retirer ou envisager une fusion.

Corse : 3 listes qualifiées

Gilles Simeoni est lui aussi légèrement en tête avec 29,6 %. Le leader autonomiste devance Laurent Marcangeli et Jean-Christophe Angelini, qui peuvent tous deux se maintenir au second tour s'ils le souhaitent. Trois autres candidats ont le choix entre le retrait ou la fusion : Paul-Félix Benedetti, Jean-Guy Talamoni et Jean-Charles Orsucci.