Jean-Pierre Masseret refuse de se désister
Jean-Pierre Masseret refuse de se désister © MaxPPP/L'Est Républicain/Alexandre Marchi

Le candidat du PS en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne, Jean-Pierre Masseret, a répété lundi matin que malgré la consigne du patron du PS, il ne veut pas se retirer pour faire barrage au Front national.

Après le choc, c’est le temps des désistements. Pour le PS, c’est une évidence depuis dimanche à 22h : le désistement pour faire un " barrage républicain" au FN. Jean-Christophe Cambadélis a ainsi annoncé dimanche soir le retrait des listes PS en NPDC-Picardie et PACA.

Dans les régions à risque FN où la gauche ne devance pas la droite, le PS décide de faire barrage républicain, en particulier dans le Nord et en PACA.

Un retrait synonyme de sacrifice pour les socialistes qui ne siégeront pas dans ces régions pendant près de six ans. Ce que Marine le Pen a qualifié de "suicide collectif". Une décision très douloureuse, surtout en PACA où les militants ne sont pas même certains du report de leurs militants sur les listes Estrosi.

Un sacrifice auquel ne semble pas prêt Jean-Pierre Masseret, la tête de liste en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne pourtant nettement distancé dimanche (FN 36%, Les Républicains 25,8%, PS 16%.

Ce lundi matin, sur RTL, Jean-Christophe Cambadélis l’a pourtant enjoint de se retirer, au profit de Philippe Richert (LR-UDI) qui affrontera le FN Florian Philippot. "C'est une décision du Bureau national du PS. Il devra la respecter. Point", a tranché le patron du PS. Mais dans la foulée, Jean-Pierre Masseret, 71 ans, président sortant du conseil régional de Lorraine et sénateur de Moselle a fait savoir qu'il refusait de se retirer.

Nouveau refus de Jean-Pierre Masseret

A la sortie de sa réunion avec toutes les têtes de liste PS de la région, la tête de liste PS a confirmé son refus de retirer sa liste :

On a le devoir de se maintenir. La stratégie de l’évitement ne mène à rien. Ce combat sera difficile. Je tiens ferme mes convictions.

La liste du PS devrait même être déposée dès lundi en fin d'après-midi "à la préfecture de Strasbourg", selon l'entourage de Jean-Pierre Masseret, en dépit de la demande de retrait par la direction du parti socialiste. Une décision qui prend de cours toute possibilité de pression pendant le reste de la semaine.

Corinne Narassiguin, porte-parole du PS avait prévenu ce lundi matin, qu'en cas de maintien Jean-Pierre Masseret ne pourrait pas avoir l'étiquette socialiste.

Localement la pression est forte

Plusieurs ténors socialistes du Grand Est se sont désolidarisés de Jean-Pierre Masseret. En tête, Jean-Christophe Cambadélis, qui a appelé lundi soir à voter pour Philippe Richert, au détriment du candidat socialiste qui s'est pourtant maintenu. Le président du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle Mathieu Klein et le maire socialiste de Strasbourg, Roland Ries, ont également condamné l'attitude de Jean-Pierre Masseret. Aurélie Filipetti a appelé sur Twitter au retrait de la liste PS. Quant au maire de Metz, le socialiste Dominique Gros, il a lui aussi appelé à voter pour le candidat de droite pour faire barrage au FN.

Richert lui même a déclaré ce lundi matin que le maintien du PS dans le Grand Est "favorise le FN"

Quant à Florian Philippot, pour lui "le retrait du PS n'est "pas respectueux", "pas loyal" envers les électeurs.

Les listes pour le second tour doivent être déposées d'ici mardi 18 heures.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.