Le plafond de verre est encore solide au-dessus de la tête du Rassemblement National, qui ne remporte ni région, ni département. Pire pour le parti d'extrême-droite, il recule partout en nombre de voix et donc en nombre d'élus dans les assemblées régionales et départementales.

Marine Le Pen a pris la parole peu après 20h dimanche 27 juin, depuis le siège du Rassemblement National.
Marine Le Pen a pris la parole peu après 20h dimanche 27 juin, depuis le siège du Rassemblement National. © Maxppp / IAN LANGSDON/EPA/Newscom

Les appels à la mobilisation, parfois même véhéments, de Marine Le Pen et des têtes de liste du Rassemblement National au soir du premier tour n'y ont rien fait : le Rassemblement National ressort bredouille des élections régionales et départementales. Un revers important alors que les sondages donnaient de possibles victoires au parti d'extrême-droite dans plusieurs régions. Mais c'est finalement tout l'inverse qui s'est produit, puisque le Rassemblement National a fait de moins bons scores que ce qu'il pouvait attendre partout en France. Et le parti de Marine Le Pen perd beaucoup d'élus, à l'image des municipales de 2020 où quasiment la moitié des conseillers municipaux du RN avaient perdu leurs places. Voici les 5 chiffres qui illustrent l'échec du RN dans ces élections locales. 

0 région et 0 département

C'est le nombre de régions ou de départements gagnés par le Rassemblement National, qui ne prend donc toujours pas la tête d’un exécutif régional ou départemental. Une contre-performance alors que les derniers sondages pouvaient laisser entrevoir quelques victoires au parti de Marine Le Pen, notamment en PACA où la liste de Thierry Mariani est certes arrivée en tête au premier tour, avant d’être battue par le “front républicain” et Renaud Muselier. La seule région qui a vu le Rassemblement National arriver en tête au soir du premier tour de ces régionales a finalement échappé au parti de Marine Le Pen. 

En 2015, le Front National comme il s'appelait encore était arrivé premier dans pas moins de six régions au premier tour : Provence-Alpes-Côte d’Azur, Hauts-de-France, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est, Occitanie et Centre-Val-de-Loire.

Pas de victoire non plus au niveau départemental, malgré les espoirs dans les Pyrénées-Orientales notamment. Malgré quelques scores très serrés, aucun canton du département de Perpignan, ville dirigée par le RN Louis Aliot, n’est finalement gagné par l’extrême-droite.

106 conseillers régionaux en moins

C’est le nombre de conseillers régionaux perdus par le RN, par rapport à 2015. De 358, le RN passe à 252, ce qui donne quasiment un tiers d'élus en moins. Dans toutes les régions où il était présent, le nombre d’élus du parti d’extrême-droite a baissé à l’issue de ces élections régionales. Les revers sont particulièrement importants dans les Hauts-de-France, où la liste menée par Sébastien Chenu perd 22 sièges au conseil régional et en Auvergne-Rhône-Alpes où le RN perd la moitié de ses élus par rapport à 2015, passant de 34 à 17. 

36 conseillers départementaux en moins

Le Rassemblement National n’est plus présent que dans huit départements au lieu de 14, et perd 36 conseillers départementaux, soit plus de la moitié de ses élus à cet échelon puisqu’ils étaient 62 depuis 2015. Le mode de scrutin majoritaire aux départementales est moins favorable au RN que la proportionnelle en vigueur pour les régionales. Les défaites sont particulièrement notables dans le nord de la France, où le RN est éjecté de l’hémicycle départemental dans l’Aisne alors qu’il avait jusqu’ici huit conseillers, même chose dans l’Oise où le parti d’extrême-droite est battu dans les deux cantons qu’il détenait jusqu’ici. Dans le Pas-de-Calais, le RN conserve 6 élus sur 12, dont Marine Le Pen, réélue à Hénin-Baumont. Seul carton plein, dans le Vaucluse où le parti conserve ses 6 conseillers départementaux. À noter que dans les Bouches-du-Rhône le RN ravit le canton de Marseille 6 à la gauche. Le parti de Marine Le Pen fait par ailleurs son entrée au conseil départemental du Tarn-et-Garonne, avec un binôme élu.

8 points en moins au deuxième tour

Le nombre de points qu’a perdu le RN, au niveau national, entre les régionales de 2015 et celles de 2021. Il y a 6 ans, le vote RN représentait 27% des voix au deuxième tour. Ce chiffre est aujourd’hui d’à peine 19%. Dans les Hauts-de-France, Sébastien Chenu fait au deuxième tour 17 points de moins (25,7%) que Marine Le Pen en 2015 (42,2%). Dans le Grand Est, en Occitanie, en Auvergne-Rhône-Alpes ou encore en Bourgogne-Franche-Comté, les listes RN de 2021 affichent des scores d’une dizaine de points inférieurs à ceux réalisés en 2015. 

3,9 millions de voix en moins

C'est, en millions, la différence de voix recueillies par le Rassemblement National au deuxième tour des élections régionales, entre celles de 2015 et celles de 2021. En 2015, les listes soutenues par le RN avaient recueilli plus de 6,8 millions de suffrages, contre seulement 2,9 millions cette année. Soit une différence de près de 4 millions de voix. Un chiffre à replacer dans un contexte de très forte abstention : elle était de 42% il y a six ans, contre 66% en 2021, un record.