Nicolas Sarkozy dans un meeting des régionales
Nicolas Sarkozy dans un meeting des régionales © Reuters / Vincent Kessler

"Un résultat magnifique" pour Marine Le Pen, "la République ne doit plus reculer" selon Nicolas Sarkozy... Les scores élevés du Front national un peu partout en France (il est en tête dans six des 13 régions) sont un électrochoc pour les responsables.

Après la présidente du Front national, c'est Nicolas Sarkozy qui a été le premier à réagir, comme pour affirmer avec d'autant plus de force qu'il se considère toujours comme le meilleur rempart contre le parti de Marine Le Pen. Sa traduction du message des Français ? Que leur "priorité" est que "la République ne recule plus , comme elle l'a fait depuis bientôt quatre années". Pas question donc d'appeler à des alliances ou des retraits au profit ou avec les candidats de gauche. Pas "d'arrangement tactique" au second tour, aucune "fusion", aucun "retrait des listes" de droite. Les électeurs devront donc "se mobiliser en faveur de la seule alternance possible: celle incarnée par les républicains de la droite et du centre". Un discours ponctué d'applaudissements un peu étouffés par les résultats.

A droite, un seul candidat est arrivé en troisième position : Dominique Reynié dans la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. Le candidat LR a annoncé son intention de se maintenir.

Faisant entendre leur différence, les centristes, par la voix du président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde, ont dès 20h40 appelé au "retrait des listes en troisième position", "partout où le FN peut gagner".

Le président du MoDem François Bayrou appelle lui au "retrait pur et simple" de toute liste arrivée en troisième position au premier tour, pour permettre un "ressaisissement démocratique" : "si les états-majors étaient responsables, ils devraient adopter cette ligne de conduite lisible par les Français" at-il précisé.

"Score historique"

Ambiance totalement différente, bien entendu, à Hénin-Beaumont, où Marine Le Pen a salué un "résultat magnique, que nous accueillons avec humilité" . Une humilité qui n'a toutefois pas empêché pas la présidente du FN de jubiler, saluant "le peuple français peut être fier de ne pas avoir cédé aux injonctions antidémocratiques de féodalités politiques et médiatiques".

Pas question toutefois de diviser, selon son discours : "nous avons vocation à réaliser l'unité nationale dont le pays a besoin", assure Marine Le Pen, qui appelle elle aussi au rassemblement derrière ses propres candidats. Sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen se réjouit de son côté, d'un "score absolument historique".

Un point de vue que ne partage évidemment pas Christian Estrosi , qui arrive loin derrière la candidate FN en région PACA. "Marion Maréchal-Le Pen est un danger immense pour notre vivre-ensemble" , s'inquiète le maire de Nice, qui refuse de voir sa région devenir "le laboratoire de l'extrémisme".

Une opinion que partage Xavier Bertrand, candidat de la droite, qui appelle à ce que sa liste soit "la seule alternative possible contre l'extrême-droite". "L'Histoire retiendra que c'est ici et maintenant dans notre région que son ascension a été stoppée ", lance le candidat du parti Les Républicains.

Le PS pour un "barrage républicain"

Au niveau national, Jean-Christophe Cambadélis a précisé la position du Parti socialiste. Elle a tardé à venir (22h) mais est très claire : le PS retirera ses candidats dans toutes les régions où le FN peut l'emporter et où le PS est derrière la droite. Ils ne se maintiendront que dans les régions où l'union de la gauche permet de remporter le second tour.

Le patron du PS précise toutefois que cette union des voix de gauche "laisse espérer de nombreuses victoires" dimanche prochain...

Peu après sa déclaration, Pierre de Saintignon, le candidat PS dans le Nord, annonçait officiellement le retrait de sa liste ... Tout en assurant que Xavier Bertrand avait "une responsabilité colossale" dans l'avance du FN, de par "son attitude arrogante". Il n'a pas appelé explicitement à voter pour son adversaire de droite.Conséquence de ce retrait : la gauche n'aura pas d'élus au conseil régional.

Même départ plus ou moins contraint de Christophe Castaner, le candidat PS en PACA, qui dit "prendre ses responsabilités", "avec beaucoup d'émotion, de peine et de remerciements". "J'appelle à faire barrage au Front national parce que jamais cette région ne se remettrait d'être incarnée par la candidate du Front national et les idées brunes du Front national."

Pas question de se retirer pour Claude Bartolone , le candidat PS arrivé deuxième en Ile-de-France derrière Valérie Pécresse. Il a rapidement appelé à permettre la victoire au second tour de l'alliance entre socialistes et écologistes.

Alors que Jean-Pierre Masseret, tête de liste socialiste, refuse jusqu'ici de se retirer, peu avant 8h, ce lundi matin, Jean-Christophe Cambadélis, a annoncé sur RTL que la liste PSd'Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine"devra" se retirer pour faire barrage au Front national même si son tête de liste ne le souhaite pas. "C'est une décision du Bureau national. Il devra la respecter. Point", a tranché Jean-Christophe Cambadélis, très vite démenti sur BFM par Jean-Pierre Masseret lui même.

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