Marine Le Pen a annoncé mardi sa candidature aux élections régionales en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, région dont le Front national a fait son bastion et qui sera à nouveau son laboratoire à moins de deux ans de la présidentielle de 2017.

La présidente du FN a laissé un temps planer le doute sur sa position de tête de liste mais beaucoup la pressaient de tenter de conquérir en décembre l'une des plus grandes régions de France afin d'y trouver l'élan vers la présidentielle, où des sondages la voient depuis des mois au second tour.

Avec sa nièce Marion Maréchal, tête de liste en Provence-Alpes-Côte d'Azur, elle portera les principaux espoirs du FN lors d'un scrutin où une victoire serait un coup de tonnerre aussi puissant que la première place du parti aux élections européennes de 2014, suivies par la prise de 10 municipalités.

Alors qu'elle devait dévoiler ses intentions dans la région, à Arras, elle a officialisée sa candidature sur iTELE, comme pour signer l'ambition qui l'anime et sans évoquer le déchirement familial qui l'oppose à son père :

Les arguments développés par ceux qui ne souhaitaient pas ma candidature était l'obligation de me concentrer uniquement sur la campagne nationale. Ça nécessitait un temps de réflexion. Où que l'on puisse agir, il faut le faire. Pour la région, c'est tout de suite, pour la nation, ce sera un tout petit peu plus tard.

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Certains dans son entourage redoutent de la voir affaiblie par une défaite mais les résultats du FN dans le Nord depuis des années lui sont favorables, tout comme les sondages. Celui publié lundi par OpinionWay la donne en tête au premier tour devant le candidat de la droite, Xavier Bertrand, et celui du Parti socialiste, Pierre de Saintignon. Il la donne gagnante au second tour en cas de triangulaire avec 37% des voix contre 32% et 31% à ses adversaires, dans le même ordre, sans toutefois étudier l'hypothèse d'un duel.

Politique nationale

Si son ancrage local est discuté, bien qu'elle revendique avoir un appartement à Hénin-Beaumont et siège comme conseillère régionale depuis 2010 après un premier mandat entre 1998 et 2004, elle entend s'appuyer sur la solide implantation du FN.

Gérald Darmanin, directeur de campagne de Xavier Bertrand candidat Les Républicains dans la région a dénoncé :

On a besoin de quelqu'un de sérieux , pas de quelqu'un qui fera de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie son laboratoire.

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A Arras, en milieu de matinée, elle a cité l'exemple de Hénin-Beaumont où Steeve Briois avait été élu dès le premiertour en 2014 après avoir labouré le terrain comme peu d'autres. Elle entend faire de même et, à Arras, elle a plusieurs fois rappelé que la campagne serait "collective". Elle le sera d'autant plus que Marine Le Pen n'entend pas se mettre en congé du Parlement européen, où elle vient de constituer un groupe.

Puis, devant ses partisans, elle a développé ses thèmes de prédilection en débutant par les considérations nationales : la "faillite" des partis traditionnels, l'insécurité, la montée de l'islamisme, l'immigration et le chômage. Ces derniers thèmes résonnent particulièrement dans une région où des milliers de migrants affluent autour de Calais pour tenter de rallier la Grande-Bretagne et où le chômage est très élevé -- fin 2014, le taux était de 13,0% en Nord-Pas-de-Calais selon l'Insee contre 10,0% à l'échelle nationale.

Mais à ces rares incursions près, elle est restée sur le champ national, symbole s'il en est qu'elle fera de la région son tremplin. Son projet local sera décliné en octobre, "pour que chacun ait suffisamment de temps pour s'en emparer, le comprendre et y adhérer", a-t-elle dit à Arras, après avoir concédé sur iTELE qu'elle confierait à d'autres sa mise en oeuvre.

Marine Le Pen a ainsi déclaré :

Je serai la présidente de la région, à un moment donné je me mettrai en congé, chacun le comprendra, pour la campagne présidentielle, mais j'aurai mes équipes, j'aurai impulsé la politique que je veux voir mettre en oeuvre.

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