Marine le Pen dimanche soir à Hénin Beaumont
Marine le Pen dimanche soir à Hénin Beaumont © REUTERS/Yves Herman

Malgré sa défaite dans les six régions où il était en tête après le 1er tour, pour Marine Le Pen, ces élections montrent la "montée inexorable du FN", un parti qui avec au moins 6,47 millions de voix au second tour, dépasse son record historique de 2012.

Alors que dimanche dernier, le FN voyait quatre à cinq régions gagnables, le parti d'extrème droite a échoué à emporter des régions confirmant l'impasse qu'il rencontre lors des seconds tours. Le FN a été battu partout : Marine Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen en duel face aux "Républicains" (LR), en Nord-Pas de Calais-Picardie et en Paca. Florian Philippot, Sophie Montel et Louis Aliot en triangulaire en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne, en Bourgogne-Franche-Comté et en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées.

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Le Front national a réalisé le meilleur score de son histoire

Pour le Front national, la défaite n'en est donc pas une. D'abord parce qu'en voix le parti d'extrème droite a amélioré son nombre de voix d'au moins 450 000 entre le premier et le second tour, réalisant un score historique au delà de celui de la Présidentielle de 2002. Dans toutes les régions, Corse exceptée, le FN gagne des voix entre les deux tours, parfois 25% comme en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne en Bourgogne-Franche-Comté. Autre motif de satisfaction: une implantation locale renforcée avec l'élection de plusieurs centaines de conseillers régionaux.

Enfin, parce que pour les leaders frontistes, la campagne du second tour a été totalement focalisée sur le FN. De ce fait la défaite n'est due, selon eux, qu'aux "magouilles" des autres partis, "ligués" contre le FN.

Ce que David Rachline , le maire FN de Fréjus résume :

Nous augmentons nos voix, ils ne doivent leur victoire qu'à des magouilles électorales.

Marion Maréchal-Le Pen crie, elle aussi, au déni de démocratie. Largement battue en Paca, la député a déclaré :

Il y a des victoires qui font honte aux vainqueurs. Au nom des valeurs de la République, ils auront sabordé la démocratie. Gagner à 10 contre un, n'est pas autre chose qu'une défaite.Tout aura été fait, calomnie, mensonge, clientélisme, communautarisme et je vous en passe.

Très en avance dimanche dernier, Marine Le Pen s'est vue infliger au second tour une très nette défaite, 58% contre 42%, par Xavier Bertrand (LR), grâce à un sursaut de mobilisation et au rassemblement anti-FN, notamment des électeurs de gauche. Elle progresse d'ailleurs d'à peine 1,5 point par rapport au premier tour.

Depuis Hénin-Beaumont, la présidente du Front national a dénoncé "un régime à l'agonie" :

Cet entre-deux tours a vu le Premier ministre et le président de l'Assemblée nationale en poste possédés par leur emportement y tenir de propos d'une irresponsabilité inquiétante qui conduisent à s'inquiéter sur les dérives et les dangers d'un régime à l'agonie.

Marine Le Pen, a voulu voir dans ces résultats une "montée inexorable" de son parti. "Rien ne pourra nous arrêter !", a-t-elle proclamé. Selon a Présidente du FN, une "clarification" s'est opérée, celle d'un "bipartisme" entre "mondialistes" et "patriotes", futur "grand enjeu de la présidentielle" à venir.

Battu de douze points par Philippe Richert (LR) dans le Grand Est, qui double avec 48,4% son score du premier tour en dépit du maintien du candidat de gauche Jean-Pierre Masseret, Florian Philippot, le bras droit de Marine Le Pen. a le même message :

Ce qui s'est levé aujourd'hui en France, et déjà dimanche dernier, est une véritable lame de fond patriote, qui ne redescendra pas d'ici à 2017.

Pourtant ce résultat confirme surtout une donnée inquiétante pour Marine Le Pen en vue de 2017 : l'impossibilité de passer le deuxième tour, faute d'alliés et de réserves. Sauf évidemment, si d'ici là le Front National augmente encore son influence dans notre pays. Ce que prévoit déjà Marion-Maréchal Le Pen. Pour elle, le "plafond de verre" tant cité dimanche soir par les journalistes et les analystes n'existe plus, au vu de la croissance régulière du FN dans les urnes.

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