les régions demandent une réforme de l'etat déconcentré
les régions demandent une réforme de l'etat déconcentré © reuters

Une quinzaine de régions contre 22 actuellement : l'idée, lancée par François Hollande et précisé par le porte-parole des députés PS, fait grincer des dents un peu partout. Les présidents de région, pourtant presque tous de gauche, ne sont pas emballés.

Moins de régions, sans doute sept en moins, et des espaces plus vastes... Une mesure qui doit en principe permettre de simplifier le fameux "mille-feuille" administratif. Mais une mesure qui pourrait coûter cher aussi à François Hollande.

Car dans tous les conseils régionaux ou presque (l'Alsace fait de la résistance), ce sont des élus de gauche qui règnent en maîtres. Alors quand on leur dit qu'il faudra dépenser moins sur des régions plus grandes, ils se posent évidemment des questions.

Comment se passera cette éventuelle fusion des régions françaises ? Explications de Ruddy Guilmin

Une fusion qui se ferait petit à petit, et pourquoi pas sur la base du volontariat. L'ancien maire PS de Cherbourg Bernard Cazeneuve, désormais ministre du Budget, propose par exemple "un bonus" aux collectivités qui fusionnent ou se rapprochent.

Si, demain, les élus de Normandie décident de fusionner la Haute et la Basse Normandie, nous aurons des économies de fonctionnement et une région, la Normandie, qui pèsera davantage dans l'Union européenne

De son côté, Jean-Marc Ayrault évoquait ce matin sur France Inter une possible "suppression des départements de la première couronne parisienne".

Impensable, pour Patrick Devedjian, président du conseil général des Hauts-de-Seine

Une fronde régionale en vue ?

Dans les régions, on ne se montre pas vraiment enthousiaste.

Pour Christophe Clergeau, vice président du conseil régional des Pays de la Loire, la fusion, c'est non. Il répond à Arthur Darrouzèsse

Jean-Paul Huchon, patron de l'Ile-de-France, estime qu'il faudra avant toute décision "une concertation étroite des état-majors et des populations". Pas question pour lui de "devenir devenir la grenouille plus grosse que le boeuf".

Même idée chez Nicolas Mayer-Rossignol, à la tête de la Haute-Normandie, qui dit "oui aux coopérations utiles autour de projets concrets en cours, non aux spéculations administratives", mais veut d'abord "un référendum".

Fusionner la Haute et la Basse Normandie, c'est une idée qui revient souvent, la séparation étant ici plus artificielle qu'ailleurs. Reportage de Carole Louis

Le président de l'Association des régions de France, Alain Rousset, n'est pas plus convaincu.

Le problème, c'est la puissance de feu, pas la taille. En Espagne, le Pays basque a un budget de 10 milliards d'euros, l'Aquitaine, que je préside, de 1,4 milliard.

La France compte aujourd'hui 26 régions (dont 22 en métropole) pour 62 millions d'habitants. En Allemagne, on a "seulement" 16 Ländern pour 82 millions d'habitants.

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